La prison de l'amour

Ô pure beauté, sacrée reine du désir!

Ô mon amour, mon geôlier, mon élixir !

Libère les sujets du royaume assiégé,

Est-il roi celui qui marche esseulé?

  • * *

Dis à l’éclat éblouissant de ta blancheur,

À la magie de ta marche sur mon doux cœur,

Aux ivres tresses basculant ma destinée,

De secouer l’émoi de ma vue pétrifiée.

  • * *

Dis à ta bouche source de vin et liqueur,

À tous les miels qui épicent ta sueur,

Et aux délices de tes lèvres révoltées,

De renverser mon écuelle d’avidité.

  • * *

Dis aux voyelles qui trahissent ta pudeur,

Aux verbes ardents que conjugue ta candeur,

À la chanson de tes soupirs, énoncée,

De chuchoter dans mes oreilles surdité.

  • * *

Dis à la taille souple et soyeuse de ta chair,

Puis au satin qui enveloppe ta chaleur,

Et au coton de tes postures enflammées,

De rendre les ailes à mes mains, dérobées.

  • * *

Dis au parfum hypnotisant de ta fraîcheur,

Au musc secret de ton coup long et charmeur,

Puis au zéphyr de ton passage embaumé,

De bien quitter les pauvres filtres de mon nez.

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