Indépendance et liberté – I –

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I – Éveil et résistance.

Pourquoi, actuellement, et dans plusieurs coins du monde arabo-musulman et africain des voix s’élèvent pour solliciter les interventions étrangères ou, dans les meilleurs des cas, les légitimer ? Est-ce que les puissances mondiales sont moins cruelles que nos dictateurs ou s’agit-il là d’une autre idée extravagante que nos fantasmes politiques avaient forgée ? Dans notre région, est-ce que la liberté est incompatible avec l’indépendance ? Est-ce que la venue du colon est une garantie à la liberté ? Est-ce que le simple fait de voir des Irakiens tenir une manifestation dans les rues de Bagdad ou de Bossera dénonçant les forces américaines, ce qui était inimaginable sous le régime hyper dictatorial de Saddam, suffit-elle pour se convaincre que les néocolonialistes sont apporteurs de liberté ? Et qu’en est-il de cette liberté si sous son parapluie seuls les puits de pétroles et les casernes des GI et autres soldats étrangers sont sécurisés alors que les villes, les cités et les populations civiles vivent dans l’insécurité ?

La troisième guerre du Golf a, certes, emporté, et de la façon la plus confuse, Saddam Hossein et sa tyrannie. En retour, elle a amené avec elle une nouvelle et nette donne stratégique : un néocolonialisme galopant sous la bannière étoilée du « New American Century ». L’ère du « nouvel ordre international » qui a succédé à la deuxième guerre du Golfe (celle de 1991), avec les espoirs dans la résolution du conflit israélo-palestinien et les promesses éphémères du duo marché/démocratie, est à jamais révolue. Aujourd’hui, c’est l’indépendance des pays du Sud qui est encore une fois profondément menacée. A peine cinquante ans depuis leur accession à l’indépendance, voilà que de plus en plus d’Etats-nations se voient dis…r sur leur propre sol par un néocolonialisme n’ayant aucune peine à dévoiler ses vraies intentions. Déjà en 1993, un historien anglais, Paul Johnson, dans un article publié par le New York Times Sunday Magazin, avait prédit et justifié ce retour au colonialisme direct : « Certains Etats ne sont pas capables de se gouverner eux-mêmes (…)C’est une mission pour le monde civilisé que d’aller gouverner ces zones désespérées. » (1) Le même historien, un mois après les attentats du 11/9, avait déclaré dans un autre article sagement intitulé « The Answer to Terrorism ? Colonialism », qu’« Aujourd’hui, l’Amérique et ses alliés se trouveront peut-être dans la situation où ils devront non seulement occuper mais aussi administrer des Etats terroristes. » Et pour conclure, notre historien tranche, sur un ton outrageusement arrogant, que tous « les pays qui ne peuvent pas vivre en paix (…) ne doivent pas s’attendre à une indépendance totale. » (2).

Mais, qu’en est-il de notre côté ? Accepterons-nous cette tendance qui semble l’emporter sur notre volonté de résistance ? Dans nos rangs même, il y a, malheureusement, des nouveaux harkis, ces voix qui s’élèvent pour réclamer le retour du colonisateur. Parfois ils le font de façons directes ; d’autres de façons déguisées mais non moins subtiles. Des événements, des déclarations, des sondages et des d’articles sont entrains de s’accumuler laissant entrevoir une nette et dangereuse métamorphose dans la mentalité arabe et africaine qui est de plus en plus encline à accepter le colonialisme pour se débarrasser des régimes dictatoriaux et accéder ainsi à l’Eden de la démocratie. De la sorte, on apprend que 76% des 1012 personnes interrogés lors de l’émission al-Ittijâh al-Mo’âkis (Direction opposée), présentée par Fayçal al-Qassem sur la chaîne al-Jazira, affirment que les régimes arabes sont pires que le colonialisme. Seul 24 % estiment le contraire. Même si le nombre des sondés ne peut en aucun cas représenter la tendance majoritaire qui meut les populations arabes, cela donne pourtant à penser sur la gravité de la situation actuelle. En effet, de l’Irak au Maroc, un amer sentiment se fait ressentir : nous avons moins de confiance en nos propres capacités à se débarrasser de nos régimes dictatoriaux qu’en la volonté de ceux-ci à vouloir amorcer une réforme du système vers plus de démocratie et plus de respect des droits de l’homme. Après tant d’échecs politiques, de fiasco socio-économique et de défaites militaires, le tout faces à des ennemis multiples et variés, extérieurs qu’intérieurs, voici qu’une sorte de fatalisme politique essaye de nicher dans nos convictions au point de rendre normal à nos yeux la négociation d’un partage de notre souveraineté avec nos adversaires de toujours, ces Etats amis, ceux-là même qui avaient et qui continuent de soutenir nos dictatures. Des dictatures que nous jugeons comme cause principale du blocage total de nos sociétés. Le fatalisme qu’on avait longtemps examiné comme étant une résultante de la raison religieuse s’est révélé être un rite de plus en plus observé par les esprits les plus irréligieux. Ironie de l’histoire, ce sont bien les religieux qui semblent résister à ce fatalisme néolibéral qui veut faire de la mondialisation un destin irrévocable et du néocolonialisme un fait-accompli.

Revenons aux faits qui m’ont amené à l’écriture de la présente page. En feuilletant ces derniers jours les pages d’un journal de la diaspora iranienne, je suis tombé sur une lettre envoyée, de son exil, par un écrivain satirique au président M. Khatami. Une phrase a attiré mon attention car elle ne faisait que confirmer le résultat du sondage ci-dessus mentionné : « (…) Je jure par Dieu que plusieurs des régimes despotiques sont pires que les Etats-Unis. Au moins, lorsque les Etats-Unis viennent dans la région, ils ne se mêlent pas de la vie privée des gens et n’entravent pas les libertés individuelles. Croyez-moi, la liberté individuelle est beaucoup plus importante que l’indépendance du pays ! Dans plusieurs régimes politiques, l’indépendance n’est qu’un chemin vers la dictature. » (3) Restons dans le cas iranien. Au cours des récentes manifestations survenues dans les campus iraniens un communiqué signé par 28 associations estudiantines intitulé « Laissez la patrie redevenir patrie », on retrouve cette même ligne de pensée qui, paraît-il, est entrain de gagner du terrain dans le monde arabo-musulman. Les signataires, qui ont jugé que la liberté en Iran a été toujours sacrifiée, par les conservateurs religieux, sous l’autel de la résistance contre la menace américaine, ont déclaré ouvertement que, «l’indépendance sous un régime despotique est pire que la dépendance vis-à-vis de l’étranger » ; que «l’on ne peut plus justifier la répression par le prétexte d’un danger étranger » et qu’ « il vaut mieux considérer la présence américaine dans la région comme une opportunité exceptionnelle pour la lutte contre le despotisme que comme une menace. » (4)

Dans notre continent africain des multiples ingérences étrangères se sont amplifiées ces derniers mois. Certaines pour ramener la paix, d’autres pour gérer et sécuriser des territoires, souvent riches en matières premières, et d’autre pour remplacer simplement la tête d’un Etat corrompu par un autre. Ce qui fait qu’on rencontre souvent sur les pages des journaux africains des débats tendus sur le néocolonialisme. Ainsi, sur les pages de l’hebdomadaire burkinabé, un journaliste a tenté de mettre la main sur une plaie menaçant de se rouvrir dans le corps d’un continent n’ayant pas encore cicatrisé les blessures de l’ancienne colonisation : « Il y a dix ans, l’intervention française en République d
mocratique du
Congo aurait, à n’en pas douter, provoqué protestations et consternation. Elle aurait été perçue comme une preuve accablante et supplémentaire de l’action néocoloniale et néfaste de Paris dans son pré carré africain. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
(…) L’intervention extérieure et la mise sous tutelle de fait deviennent des solutions acceptables dans la mesure où il n y’en a plus d’autre. (…)La multiplication des nouvelles ingérences occidentales en Afrique donne la mesure du drame que vit actuellement un continent qui doit de plus en plus fréquemment choisir entre deux extrêmes : l’abandon de souveraineté ou le carnage. » (5) Traitant de la présence des troupes étrangères dans son pays, la République Démocratique du Congo (RDC), un journaliste du quotidien l’Eveil ne laisse pas cacher son amertume : «Jusqu’à présent, l’impression qui se dégage est que toutes ces forces armées étrangères sont venues pour le tourisme, le pillage officiel de ses ressources, pour danser et boire du champagne, coucher avec nos filles et retourner, à grands regrets, chez elles lorsque le temps sera venu. Le peuple congolais n’a pas besoin de ça. » (6)Enfin, un autre journaliste constate que les interventions étrangères en Afrique n’ont pour but que le secours de la classe politique en place « (…)qu’il s’agisse des deux Congos, de l’Angola, du Libéria, du Rwanda, du Burundi, de la République Centrafricaine(RCA) ou même de l’Ouganda, et récemment de la Côte-d’Ivoire, le recours aux armées étrangères a toujours été la planche de salut des politiciens au pouvoir. » (7) Plus récemment, le 4 juillet dernier, la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient de solliciter l’intervention des Etats-Unis dans le conflit libérien ! Et la liste des « pays-mis-sous-tutelle » risque de s’alourdir vu le classique état lamentable des États-nations africains et la récente concurrence entre d’un côté le nouveau rêve d’empire américain et de l’autre le souci des anciens pays colonisateurs de sauvegarder leurs intérêts dans leur pré-carré africain.

Un peu plus au nord, là où les pauvres cadavres de nos chers jeunes immigrés « clandestins » échouent, dans la foulée des drames qu’ils ont provoqué, Silvio Berlusconi le richard, dans son autre guerre contre les pauvres a déclaré devant le parlement italien, le jeudi 26 juin dernier, que : «Nous [les Italiens] sommes sur le point de signer un accord bilatéral avec Tripoli permettant l’envoie de soldats italiens afin de contrôler les ports et les frontières libyens et autorisant à nos navires de patrouiller dans les eaux libyennes. » (8) Ainsi, à l’instar de la lutte contre le terrorisme qui a permis aux navires de l’OTAN d’arraisonner, dans les eaux internationales, n’importe quel navire « suspect », voilà qu’au nom de la lutte contre l’immigration « clandestine », les pays de la rive sud de la méditerranée se trouvent en guise de perdre petit à petit la souveraineté sur leur territoire.

Étrangement, pareilles interventions étrangères dans des territoires souverains et indépendants sont validées par des idéologues, des journalistes et des porte-parole que certains participants sur le forum TUNeZINE ont convenu d’appeler : les néoharkis. Le tenants de cette nouvelle idéologie nous les rencontrons partout même dans des lieux sensés abriter les militants de la cause de liberté et de démocratie. Laissons le cas tunisien pour la deuxième partie du présent article et prenons l’exemple de deux journalistes arabes. Le premier avait tenté de conférer à l’idéologie néoharki une fine couche de « politiquement correct » et de glamour de ces bonnes intentions humanitaires, celles de toujours, : « La règle qui veut que “toute ingérence étrangère doit être combattue” était peut être valable au siècle dernier, mais elle ne l’est plus de tout aujourd’hui. » (…) «Le peuple peut céder à l’Etat certaines libertés pour lui permettre de veiller à établir la justice, mais, si la justice n’est pas faite et que l’Etat s’avère oppresseur, l’intervention étrangère bienfaisante devient une obligation internationale. » (9) Même admettant le fait que « la feuille de route » ne réponde pas aux attentes des palestiniens et qu’elle est en leur désavantage, le deuxième journalise, Salah Béchir, d’Al Hayat, dans un article ayant un titre imprégné par un défaitisme flagrant : « S’incliner ou disparaître, tel est le dilemme », il nous serve le même plat fataliste et nous ne laisse aucun choix à part la soumission pure et simple au projet de son Oncle Sam. Écoutons-le : «Le plus grave, c’est que la feuille de route intervient à un moment où les Etats-Unis veulent mettre en place un nouvel ordre mondial. Il s’agit d’un des moments historiques qui créent des réalités ne disparaissant qu’avec la conclusion de l’ère historique stratégique qui les a provoqué. » (10) L’auteur, observant les agissements de l’empire, croyant à la vertu de l’attente et de la passivité, et, oubliant que c’est bien l’action des hommes et leur résistance à de telles ères que les moments historiques changent de course, il nous donne un conseil prototype dans le domaine de la servilité : «La feuille de route arrive à un de ces moments fondateurs et celui-ci, comme les précédents, créera un nouvel ordre qui risque de figer la situation pour longtemps. Ceux qui ont la chance et l’habilité de s’y ménager une place pourront fort bien s’en accommoder, mais les autres seront condamnés à l’exclusion en attendant que se produise une transformation stratégique historique du genre de celle qui marqua la fin de la guerre froide (…) au moment où s’instaure un nouvel ordre mondial, il s’agit de s’y réserver une place si petite soit-elle, en acceptant la feuille de route. L’alternative aurait été de disparaître tout simplement de la scène politique. » (11) Si le Hezbollah, par exemple, avait suivi de tel conseil savant et accepté la logique de la force israélienne et de sa stratégie des faits-accomplis, il n’aurait jamais réussi à pousser l’armée israélienne à un retrait unilatéral du Sud-Liban. Ce genre de vision asservie et asservissante ne prend en compte que l’action et la réaction des plus forts comme si c’est seulement eux qui sont munis d’une volonté politique et d’une ténacité pratique. Pour cette race de néoharkis, notre rôle se limite à nous débarrasser de notre volonté pour se courber devant celle des Américains, des Israéliens et de chaque centre de puissance puisqu’ils sont les plus forts sur le plan militaire, médiatique, institutionnel, étatique, etc. Si les mouvements de libérations nationaux, les causes justes dans le monde et les peuples opprimés avaient adopté, au lieu de résister, cette logique on n’aurait sûrement jamais assisté à aucune fête d’indépendance ni voir la fin du despotisme et de la tyrannie.

Ce défaitisme que cultivent certaines voix issues d’une frange très particulière de notre élite africaine et arabe, qui commencent à se dévoiler, et qui consiste à nous faire croire qu’il n’y pas d’autres alternatives que d’abandonner notre souveraineté aux puissances mondiales est la première menace qu’il nous faut combattre. Car c’est par le biais de tel ramassis que se construit tout projet colonialiste. En nous présentant la réalité comme si nous étions vaincus sur tous les fronts, comme si nous ne possédions aucune aptitude à la résistance, comme si nos divers pays répartis à travers cette vaste région riche en matières premières, en ressources démographiques, en zones stratégiques et en patrimoine culturel n’avaient aucun poids dans les rapports de forces présents et futurs. Nous savons et tous les esprits objectifs et pertinents savent qu

e nous comptons beaucoup pour le monde. Il suffit de regarder du côte de problème palestinien pour se rendre à l’évidence que ce conflit à lui seul est capable de créer une crise mondiale où le politique, le religieux, le militaire, le sécuritaire, le juridique, l’historique, le civilisationnel, le Nord, le Sud, l’Est, l’Oeust, la modernité et la tradition se croisent. Et n’oublions pas le fait très important qui caractérise notre place centrale, bien que faible, dans le monde et qui fait que «le problème n’est pas seulement moyen-oriental. Le Moyen-Orient est une zone sismique de la planète où s’affrontent Est et Ouest, Nord et Sud, riches et pauvres, laïcité et religion, religions entre elles. » (12)

Donc, en essayant de nous convaincre que nous sommes incapables de gérer nos affaires ni même de prendre en main notre propre destin, les émissaires, souvent inconscient puisque acculturés, du néocolonialisme, font tout leur possible pour détailler les bases de notre souveraineté. Tantôt au nom de la transparence -comme on va voir dans la deuxième partie de cet article- et de la coopération internationale, d’autre au nom des valeurs humaines et d’autres encore au nom de leur opposition de façade aux régimes en place. S’opposer à une pièce du système tout en se fiant corps et âme au Big Brother, le concepteur et le garant de cette même machine totalitaire, est ou bien une idiotie ou bien un artifice consommé. C’est au système en sa totalité qu’il faut s’opposer en bloc. Ne sont-elles pas ces complexes structures juridiques et politiques mondiales ainsi que les rouages labyrinthiques de la machines financière et économique qui assurent, tout en l’exploitant, la survie des régimes que nous combattons ! Nous faire croire que notre seule issue pour défaire la pièce tyrannique qui persécute notre liberté ne peut se faire qu’en se remettant au « garagiste » de la démocratie, ce même concepteur de la machine oppressive mondiale, est une autre manière de maintenir le bon fonctionnement du moteur de l’injustice mondiale. Oui, même difficiles, d’autres solutions et d’autres alternatives existent. Chaque peuple est capable de résoudre ses problèmes par ses moyens propres à lui et selon les normes et les valeurs issues de sa culture et/ou de sa religion. Sans cette croyance, rien ne peut s’atteindre, ni dans le domaine de l’économie, ni dans celui de la politique. Mais, quelles ont les causes qui ont amené certains de nos compatriotes, de nos coreligionnaires et de nos frères arabes et africains à vendre les acquis d’une indépendance acquise aux prix de luttes et de sacrifices énormes. En saisissant les causes de tel phénomène plus qu’inquiétant, nous pourrions, dans le meilleur des cas, les convaincre du bien-fondé de la résistance, et au pire les vaincre dans leur fief-même.

La cause majeure du blocage de notre situation découle, selon plusieurs analystes de du système politique tyrannique, du manque de liberté et de l’irrespect de la dignité humaine. Ce sont ces régimes en place qui ont créé puis perduré une situation de désespoir politique, économique et social. Puisque leur objectif principal consiste à se maintenir au pouvoir quel que soit le prix que payerait le pays. Pour atteindre cet objectif, nos régimes ont toujours œuvré à créer autour de leurs entités politiques un vide. En vidant la société de ses forces actives, et au bout d’un demi-siècle de conflit entre l’Etat et la nation, le résultat est effrayant : une nation hémorragique et un Etat sanguinaire. Les pronostics pour le futur proche sont pessimistes. Surtout lorsque le présent est secoué par l’ère nouvelle imposée à la nation : le néocolonialisme.

Après avoir accaparé tous les domaines de la vie sociale, économique, politique et associative, nombreux d’Etats africains, et, arabes, en panne depuis leur trébuchante formation, n’ont laissée aucun espace pour l’éclosion d’une société civile, moteur indispensable à l’élaboration des ingrédients d’une nation moderne : le citoyen et la citoyenneté. Tyranniquement maintenus à la tête de pays ravagés par des siècles de colonialisme et de pillage et d’une société humiliée par l’acculturation et le sentiment d’infériorité, des régimes, fabriqués à la hâte de toutes pièces ont remplacé la place du colon sur ses anciens comptoirs coloniaux. Depuis leur naissance ils n’ont fait, dans le meilleurs des cas, que tenir des élections bidons, entretenir une démocratie de parade, meubler le décor politique par des partis fantômes et des députés béni-oui-oui, brader les richesses nationales pour s’assurer, en cas de crise avec le peuple, le soutien des pays occidentaux dits « amis », persécuter toute contestation, museler la réflexion et la parole dissidentes, fliqué la société tout entière. Pour la jeunesse non pistonnée, nos régimes on laissé le luxe de choisir entre se noyer dans le cercle vicieux des crédits, dans celui de la consommation des drogues et de l’alcool ou dans le cimetière de la méditerranée. Si on ajoute à ce bilan obscur la crise de la raison musulmane traditionnelle face à la modernité, l’échec du nationalisme arabe à construire le rêve de l’union et les défaites des politiques et des militaires arabes contre une si petite entité israélienne, le recours à la violence armée ou aux puissances étrangères paraissent être les seules alternatives restantes dans cet horizon bouché.

Loin de vouloir légitimer la violence révolutionnaire ou le terrorisme islamiste, on se permet de poser certaines questions belliqueuses mais nécessaires à la compréhension des deux alternatives sus-indiquées.

Pourquoi la violence guerrière du colonisateur ou du libérateur, selon l’appréciation des uns et des autres, est tolérée lorsqu’il s’attaque aux régimes despotiques, comme ceux de Saddam et des Talibans, alors que la violence terroriste des groupuscules se référant, justement ou abusivement, à l’islam politique est toujours condamnée d’avance lorsqu’elle veut aussi se défaire de ces mêmes régimes ? Pourquoi les victimes, qu’on ne nomme plus préférant les appeler « dommages collatéraux », qui s’écrasent sous la machine du Pentagone sont facilement oubliées alors que celles des actes terroristes de Casa, de Riadh ou de Djerba continuent d’alimenter encore et encore les unes de nos journaux servant ainsi d’épouvantail aux même politiques sécuritaires et éradicatrices des régimes despotiques et d’une partie de la gauche ? Le va-t-en-guerre américaino-britanique est-il plus juste, du point de vue des valeurs humaines que les appels au Jihad lancés par nos coreligionnaires à l’instar de Ben Laden ? Ce sont-là des questions qui dérangent nos convictions tranquilles et « siestées » ! C’est le but du présent article. Dans ce moment tragique de notre histoire, la vigilance intellectuelle et à la méfiance politique sont les matériaux nécessaires à l’édification d’une « culture de résistance ». Culture dont nous auront besoin pour faire face à ce monde qu’on veut bâtir sur le dos des peuples opprimés dont nous faisons partie et dont nous représentons, en tant que musulmans, l’espoir en l’avenir de cette résistance vu l’opiniâtreté de notre lutte, l’inépuisable trésor de fierté d’appartenance à une riche et variés spécificité culturelle et identitaire embrasant toutes les races et les cultures du monde, le poids considérable de notre démographie, l’importance géostratégique de notre emplacement, etc. Ce n’est pas un hasard si le monde musulman est dans la ligne de mire. Ce n’est pas un hasard si les anciens et les nouveaux empires se sont réunis pour semer dans nos pays guerres et désordres. Ce n’est pas un hasard aussi si les médias du monde, ceux du Nord et ceux, « néoharkis », du Sud, ont fait de l’islam, des musulmans et de leurs cultes l]
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