Des installations de la CIA en Tunisie ?

Written for Global Voices

2ramzi-prisons.jpg

GV en Français[Traduit par Claire Ulrich] Depuis sa cellule de prison à Bizerte (65km au nord de Tunis), le détenu tunisien Ramzi Bettibi a réussi à faire sortir une lettre très inquiétante qui est parvenue jusqu’à Internet (traduite en français). Ramzi purge une peine de quatre ans de prison à Bizerte pour avoir copié sur un forum Internet qu’il modérait le communiqué d’un groupe menaçant le pays d’attentats terroristes si l’ex-Premier Ministre israélien Ariel Sharon assistait au Sommet Mondial de l’Information qui s’est tenu en Tunisie en 2005. Ramzi Bettibi a été arrêté le 15 Mars 2005 dans le café Internet où il travaillait. En prison, il est fréquemment soumis à la torture, moyen par lequel les autorités tentent de le faire collaborer avec les services de sécurité de l’état. “Bettibi devrait être libéré car le gouvernement n’a jamais prouvé qu’il avait des intentions criminelles ou qu’il incitait à la violence” a dit Sara Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Human Rights Watch dans un communiqué publié l’an dernier. “Dans ces conditions, couper et coller un texte sur Internet ne devrait pas être considéré comme un délit” a-t-elle ajouté.

Dans sa lettre, Ramzi décrit une prison secrète près de la ville de Bizerte, où il a été interrogé par la CIA et des agents parlant français sur ses liens supposés avec des groupes irakiens djihadistes et sur ses activités sur internet. Selon la lettre, les prisonniers sont interrogés et détenus dans des containeurs dans un lieu secret, à quinze minutes en voiture de Bizerte.

Depuis la fermeture des prisons secrètes de la CIA en Pologne et Roumanie, suite aux révélations du Washington Post et d’autres médias, des rumeurs ont circulé selon lesquelles les prisonniers auraient été transférés dans d’autres prisons de la CIA quelque part en Afrique du Nord. Mais cette lettre d’un témoin oculaire (même si personne ne peut confirmer ou infirmer que Ramzi Bettibi est l’auteur de cette lettre), semble offrir la première “preuve” concrète de l’existence de ces installations en Tunisie. Elle décrit aussi la localisation possible de la prison et les identités de certains prisonniers qui sont interrogés et détenus clandestinement. De façon surprenante, la lettre a été écrite le 9 juin 2007, seulement un jour après la publication du second rapport sur les “détentions secrètes et transferts illégaux de détenus impliquant des membres du conseil de l’Europe”, adopté par le comité du Conseil de l’Europe sur les affaires juridiques et les droits de l’Homme. (lire la suite sur Global Voices FR)

CIA facility in Tunisia?

GV advocacy

From his prison cell in Bizerte (65km north of Tunis), The Tunisian prisoner Ramzi Bettibi managed to smuggle a very alarming letter that found its way on to the Internet (available in French). Ramzi is serving a four-year sentence at Bizerte for copying, onto a forum board he moderated, an online statement from a group threatening terror attacks if former Israeli prime minister Ariel Sharon attended the World Summit on the Information Society (WSIS) that was held in Tunisia in 2005. Ramzi Bettibi was arrested on 15 March 2005 at the internet café where he worked. In prison he is frequently subjected to torture, which the authorities hope will make him collaborate with the State Security services. “Bettibi should be freed because the government never proved that he had a criminal intent to threaten others or to incite violence,” said Sarah Leah Whitson, director of the Middle East and North Africa division at Human Rights Watch in a statement published last year. “Under these circumstances, cutting and pasting on the Internet should not be a crime,” she added.

In his letter, Ramzi describes a secret detention facility near Bizerte city, where he has been interrogated by CIA and French-speaking agents about his alleged ties to Jihadist groups in Iraq and online activities. According to the letter, the prisoners are being interrogated and held in containers in a secret location around 15 minutes drive from Bizerte prison.

Since the closure of the secret CIA jails hosted by Poland and Romania following the Washington Post’s revelations and other media reports, there have been rumors circulating about the transfer of prisoners to other CIA facilities somewhere in North Africa. But this letter from an “eye-witness” (even if no one can confirm or deny that Ramzi Bettibi was the real author) appears to offer the first concrete “evidence” of the existence of such facility in Tunisia. It also details the prison’s possible location and the identities of some of the prisoners who are being interrogated and held clandestinely. Surprisingly, the letter was written on June 9, 2007, one day only after the publication of the second report of “Secret detentions and illegal transfers of detainees involving Council of Europe member states” adopted by the Council of Europe’s Committee on Legal Affairs and Human Rights. (read more on Global Voices)

Advertisements