la France sera du côté des dictateurs

C’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’histoire de la France !

Ivre de sa victoire aux élections présidentielles, le président élu, Nicolas Sarkozy, a fait des belles promesses sur l’engagement de la France aux côtés des opprimés :

Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle […] La France sera du côté des opprimés du monde, c’est le message de la France, c’est l’identité de la France, c’est l’histoire de la France.

Le brouillard de ces belles paroles s’est dissipé durant sa visite en Tunisie. Sarkozy a souligné que « le président Ben Ali est le premier à reconnaître qu’il y a des tas de choses à améliorer. Nous en avons parlé, nous avons parlé de cas particuliers, » ajoutant que « cela n’empêche pas l’appréciation que je porte sur le développement économique de la Tunisie et le cheminement en progrès de la Tunisie vers la démocratie. » Et comme son prédécesseur, il n’a pas oublié de saluer la lutte que mène le régime tunisien « avec une certaine efficacité contre les forces extrémistes du terrorisme » oubliant la nature inconstitutionnelle et inhumaine de cette « lutte » avec son corollaire d’arrestations arbitraires, de tortures abominables et de procès iniques. Sarkozy qui aime se présenter comme l’homme du renouveau et de la rupture avec la politique classique de son pays ne fait que confirmer une longue histoire de politique étrangère de soutien aux dictateurs de l’Afrique.

Les cas tunisien n’est pas isolé; il faut lire aussi les réactions des blogueurs Africains aux rencontres qu’a eues Sarkozy avec des dictateurs du continent, comme Omar Bongo (président du Gabon depuis 1967) et le général Denis Sassou-Nguesso (Président du Congo-Brazzaville) :

En choisissant d’inaugurer son règne avec une rencontre aussi incestueuse avec Sassou, bien avant Bongo, Mr. Sarkozy semble avoir choisi, non pas d’aider à l’affirmation en Afrique des valeurs démocratiques et humanisantes qui élèvent l’homme, mais bel et bien de travailler à la confirmation de la néfaste politique étrangère de la France héritée de ses prédécesseurs. La France est connue pour déclarer, et donc, valider, la victoire des dictateurs africains après des élections truquées, car l’histoire de la France n’a jamais été une histoire de cassures, mais plutôt de continuités.

Monsieur Sarkozy, vous qui avez été élu dans une élection transparente qui montre la France comme une véritable démocratie, ne croyez-vous pas qu’il est temps que la France arrête de donner des satisfecits à nos gouverneurs noirs d’Afrique, uniquement pour que nous puissions continuer de sucer tranquillement le pétrole du peuple congolais ?

[…]

Combien de temps encore faudra-t-il attendre pour qu’un Président de la Republique de la France, patrie des droits de l’homme, cesse cette hypocrisie vis à vis de l’Afrique francophone depuis les indépendances? Les peuples d’Afrique francophone n’ont-ils pas suffisamment payé de leur sang le liquide noir que nous leur volons pour notre confort d’européen? N’ont-ils pas eux aussi droit à une vraie démocratie? Pas une démocratie de façade …

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