La Déclaration du 7 novembre 1987 comme on l'a vécue

Ben Ali dit

Au nom de Dieu, Le Vengeur et Le Dominateur,

Les énormes sacrifices consentis par le leader Habib Bourguiba, premier Président à vie de la République Tunisienne, en compagnie d’hommes valeureux, dont Ali Ben Salem que nous continuons à persécuter comme les anciens colons, pour la libération de la Tunisie et son développement sont trop nombreux pour être énumérés. Et même si on arrive à les compter un jour, ces énormes sacrifices ne dépassent jamais ceux réalisés sous mon règne, dans mes prisons et locaux de torture. Et c’est pour cette raison que nous avons voué au Combattant Suprême Habib Bourguiba toute notre affection lors du coup d’Etat non-violent du 7 novembre, et estime lors de ses funérailles. Nous avons œuvré de longues années durant, sous sa direction, avec matraque, lacrymogène et pistolet, à instaurer la torture à tous les niveaux, dans les rangs de notre armée de police et au sein des services pénitenciers.

Face à ma sénilité et à l’aggravation de mon état de santé, et nous fondons sur ma volonté de régner à vie, reflétée par le référendum du 26 mai 2002, le devoir national nous impose de me déclarer dans l’incapacité absolue d’abandonner les charges de la Présidence de la République. De ce fait, et en application de l’article 39 modifié de la Constitution, je prends en charge jusqu’à la fin de me jours, avec l’aide de mes 300.000 policiers et leur 1.8 millions informateurs, La présidence de la République.

2 Ben Ali en 1

Dans l’exercice de mes responsabilités, mais aussi après, je compte énormément sur l’article 41, lui aussi modifié, qui me met à l’abri de toute poursuite judiciaire. Une immunité juridictionnelle qui m‘a été offerte par tous les enfants de notre chère patrie dans un climat de confiance, de sécurité et de sérénité d’où seront bannies la haine et la rancoeur.

La dépendance de notre pays, la violation de notre territoire, la vulnérabilité de notre patrie et l’avilissement de notre peuple sont l’affaire de tous les policiers, de tous les corrompus et Rcdéistes. L’amour de l’argent facile et de l’abus de pouvoir, sa protection et l’action pour la propagation de la corruption et la décadence constituent un devoir sacré pour tous les bénaliens.

Sujets, sujettes,

Notre peuple a atteint un tel niveau de bestialité et de puérilité que tous ses droits se résument désormais au droit de manger. Tous les éléments de ce troupeau et ses composantes sont à même d’apporter leur contribution constructive à la gestion de leurs estomacs, conformément à l’idée républicaine française exprimée par mes amis Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy et soutenue par les chancelleries occidentale.

L’époque que nous vivons ne peut que tolérer une présidence à vie et une succession automatique à la tête de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d’une vie politique fliquée et policée, fondée réellement sur le parti unique et la pluralité des organismes de torture et d’aliénation de masse.

Nous proposons quand il le faut des projets de loi sur les partis et des projets de loi sur la presse, susceptibles d’assurer une plus restreinte participation à la construction de la Tunisie et à la consolidation de sa dépendance dans le cadre de l’ordre et de la police.

Nous veillerons à la bonne application de la loi de manière à bannir toute équité et justice.

Sujets, sujettes,

Nous agirons en vue de restaurer la terreur de l’Etat policier et de mettre fin aux libertés publiques. Davantage de favoritisme et d’indifférence face à la dilapidation du bien public. Les Ben Ali, les Trabelsi, les Chiboub et les familles sœurs, cousines et amies auront les mains libres.

Nous continuerons à entretenir les bons rapports de soumissions et la bonne dépendance à tous les pays occidentaux et notamment l’ancien colonisateur et le nouvel empire américain. Nous proclamons notre allégeance aux plans internationaux de destructions structurelles, d’ouverture des frontières à sens unique et de fermeture de nos usines.

Nous accorderons à la discorde islamique, arabe, africaine et méditerranéenne l’importance qui lui est due.

Nous nous emploierons fermement à saboter l’unité du Grand Maghreb sur la base des intérêts personnels et claniques.

Sans la grâce de Dieu, nous entrons, ensemble, dans une nouvelle ère obscure faite de peur et d’oppression qui nous sont dictées par notre amour pour le pouvoir et par l’appel du désir.

Vive ma Tunisie, vive ma République !

Advertisements