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  • sami ben gharbia 12:41 pm on July 8, 2009 Permalink | Reply
    Tags: , injustice, ,   

    Tunisia: Facebook user jailed for spreading rumors liable to disrupt public order 

    Written for Global Voices

    FacebookKhedija_Arfaoui.jpgOn Saturday, July 4, 2009, The 8th Criminal Chamber of the Court of First Instance in Tunis has condemned a retired professor, Dr Khedija Arfaoui, to eight months in prison for spreading rumors, on the social networking website Facebook, liable to disrupt public order.

    Dr Khedija Arfaoui, a feminist retired professor at the Manouba University in Tunis, was accused of spreading a message on Facebook about the rumor of 5 children being abducted from school in Tunisia. Recent rumors that children have been abducted and trafficked in Tunisia have been circulating for some months and have reached epidemic proportions with many parents concerned that their kids will be kidnapped, despite an official denial by Tunisia’s Minister of Interior during a press conference.

    The rumor has managed to spread throughout the country, especially on the Internet. On Facebook, a popular social networking website in Tunisia with an estimate of 623,000 users, videos and alerts of child abductions have been posted and shared with friends.

    Dr. Khedija Arfaoui is a Tunisian women’s rights activists and member of the Feminist Association of Tunisian Women for Research and Development and founder of the Association of Development and Protection of the Environment (ADPE)

    Some observers, such as blogger Mokhtar Yahyaoui, a former judge who was deprived of office because of his open letter to the Tunisian President condemning the lack of independence of the Tunisian judiciary, believe that the government needs to find a scapegoat for the rumor.

    Juriste Tunisie, a legal information blog edited by a team of Tunisian jurists who seek to promote communication and dissemination of information about the law of Tunisia, has followed the case in all its legal aspects, with emphasis on how Tunisian laws about defusing rumors over the Internet are vague.

    In an almost similar case, on March 15, 2005, Ramzi Bettibi was arrested and then sentenced to four years’ imprisonment for copying, onto a forum board he moderated, an online statement from a group threatening terror attacks if former Israeli prime minister Ariel Sharon attended the World Summit on the Information Society (WSIS) in Tunisia.

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    • parishiromi 12:23 am on March 18, 2011 Permalink | Reply

      Bonsoir. Je viens de vous envoyer un message sur le Twitter pour la chaîne nationale japonaise, NHK.
      La chaîne NHK souhaiterait vous interviewer sur le rôle des réseaux sociaux par rapport à la révolution qui a eu lieu en Tunisie. Pensez-vous que nous pourrons vous rencontrer ? Merci de me répondre à mon adresse mail. Bien cordialement / Hiromi Kimura

  • sami ben gharbia 4:50 pm on May 28, 2009 Permalink | Reply
    Tags: , injustice, ,   

    Tunisia: First Woman to Get Six Years Prison For Her Online Activities 

    Written for Global Voices

    On Thursday 14 May 2009, the 5th Criminal Chamber of the Court of First Instance in Tunis convicted the 22-year old ICT Student, Mariam Zouaghi, who was in custody, on separate terrorist-related charges, and sentenced her to six years in prison.

    Mariam Zouaghi is the first Tunisian woman to be convicted under The Anti-Terrorism Act of 10 December 2003.

    Mariam has been arrested on July 26th, 2008, for visiting banned websites, publishing online articles on alleged extremist forum boards and collecting money to support Gaza.

    In a phone call with Global Voices Advocacy, defense lawyer, Samir Ben Amor, says Mariam maintained her innocence and denied accusations that she belonged to any terror groups. She also stressed that her case was related to her online activities and her support to the people of Gaza.

     
    • lamisa 1:56 pm on June 6, 2009 Permalink | Reply

      Hi bro!

      ‘im looking for good tunisians blogs, with free talking, thinking,…

      please recommand me someones

      sorry for my bad english

      sami

    • mouniya barbouch 8:56 am on July 30, 2010 Permalink | Reply

      Well Sami, I think Ezzine bou5chAm he’s a good bloger 4 U

  • sami ben gharbia 1:36 pm on October 23, 2008 Permalink | Reply
    Tags: Gafsa, injustice, Redeyef   

    Le Point Sur Les Procès Visant La Population Du Bassin Minier De Gafsa 

    Le « Comité national de soutien aux habitants du basin minier» vient de publier un document très intéressant qui fait le point sur les procès visant les acteurs qui ont animé le mouvement social, populaire et pacifique, qui secoue le sud-est tunisien depuis janvier 2008.

    L’affaire 15537

    Concernant « Adnane Alhadji, Béchir Labidi, Adel Jaïar, Attaïeb Ben Othmen, Alfahem Boukadousse, Mouheddine Cherbib et autres…

    Un arrêt a été décrété, concernant la clôture de l’enquête, destinée à faire comparaître 38 inculpés, devant la cour, pour : « adhésion à une bande », « participation à une rébellion préméditée » en vue de perpétrer des agressions à l’encontre de personnes et de propriétés », « distribution, vente, publication et, détention de tractes, destinées à être divulguées » dans le but de susciter des troubles publics et, dans une intention publicitaire, « participation à une rébellion commise par plus de dix personnes avec usage d’armes, pendant laquelle un fonctionnaire public a été agressé », « perturbation de la circulation, sur la voie publique », « participation à une rébellion provoquée par des discours, prononcés dans des lieux publics », « rassemblements prohibés lors desquels des banderoles ont été brandies et, des tractes distribués », « destruction de la propriété d’autrui », « fabrication et détention de cocktails Molotov », « jet de projectiles sur la propriété d’autrui », « tapage et chahut sur la voie publique », « collectes de dons sans autorisation légale », « préparation d’un local pour les membres d’une bande de malfrats et, aide matérielle » et ce, selon les articles n°32 – 118 – 119 – 121, paragraphe (3) – 131 – 132 – 133 – 304 – 316 – 320 – du code pénal et des décrets du : 21/12/1944, du : 18/06/1994 et, du : 02/04/1953.

    Listes des inculpés :

    liste-inculpes.gif

    Echantillons d’infractions à la loi et d’atteintes aux droits des avocats de la défense pendant l’exercice de leur fonction, dans les affaires du bassin minier.

    Ces infractions se subdivisent en quatre étapes :

    1 – Etape de la détention préventive et de l’enquête judiciaire :

    a- Les arrestations s’opèrent toujours par des incursions dans les demeures, lieux de travail, par des rapts en pleine rue sans avis préalable ni mandat d’arrêt et, souvent, otage de proches parents pour forcer les présumés coupables à se rendre.

    b- Usage de la torture de la part de certains agents de police, particulièrement, de la part des membres des brigades spéciales, avant qu’on n’ait procédé à aucun interrogatoire.

    c- Infraction des articles 11 du code pénal :

    Très souvent, l’enquête de la police débute sans permission écrite préalable du ministère public, surtout, dans les affaires où il n’y a aucun flagrant délit.

    d- Infraction des articles n°12, 29, du code pénal, vu que l’enquêteur entame l’enquête sans le permis préalable du ministère public.

    e- Infraction des articles n°13 (bis) du code pénal, concernant l’omission de la date des interrogatoires, à propos du début, de la fin et du jour où ils se sont déroulés, sans parler de la détention préventive dont la durée et la date ont été falsifiées.

    En ce qui concerne :

    • la non mention des dates d’arrestation,
    • l’apposition des empreintes des inculpés sans leur signature,
    • l’omission de mettre au courant les parents des inculpés, la privation des accusés eux-mêmes du droit à une visite médicale et d’en prendre note,
    • les rapports d’enquête ont tous été truqués, particulièrement, en ce qui concerne les parties qui ont procédé à l’enquête : pendant que les enquêtes judiciaires se déroulent au secteur de la sécurité nationale, à Gafsa, on a mentionné dans les rapports qu’elles ont été réalisées à Metlaoui !

    f- Extorsion d’aveux sous la torture physique et psychologique :

    • Conformément à la définition stipulée par l’article n°1 de la convention contre la torture, et concernant les infractions des clauses de l’article 15 de cette convention, certains détenus ont expressément dénoncé, en les nominant, leurs tortionnaires.

    g- Infraction de l’article 155 du code pénal :

    • en ce qui concerne la rédaction des rapports d’enquête, tant sur la forme que sur le fond, d’autant que ces dits « rapports » ont été préparés avant qu’il n’y ait enquête ni interrogatoires et, stipulant que les prévenus ont fait les aveux des soi-disant crimes qui leur ont été attribués et, qu’ils ont invoqué d’être amnistiés !

    Tout ceci fait de ces pseudo-rapports un fatras de mensonges et infractions aux assises fondamentales, en faveur de l’accusateur et, selon l’article 199 du code pénal, légitime la cession des suites de l’enquête.

    2 – Etape du parquet:

    a- Toutes les comparutions étaient illégales, d’autant qu’elles ont été attribuées en vrac ; ce qui n’est pas du tout conforme au principe fondamental de la légalité, à savoir : « la personnalité du crime et de la peine ».

    b- La non mention du nom et du titre de celui qui a procédé à la comparution, dans certaines affaires.

    3 – L’étape du jugement :

    a- Le non respect du principe du caractère public de la séance,

    b- La militarisation de la salle d’audience du tribunal : à l’ouverture de chaque séance, on ferme les portes, bloques les alentours du tribunal et, empêche son accès aux familles des détenus et, aux observateurs comme aux journalistes.

    c- On refuse souvent de prendre note des assertions des accusés, garanties par les procédures légales stipulées dans les articles : 69, 143, 149 du code pénal.

    d- Refus d’audition des témoins de la défense.

    e- Refus de la demande d’examen médical et d’opérer des constats, quant au sévices dûs à la torture.

    f- Provocation, en vue de le déstabiliser, de l’avocat de la défense, et refus de mentionner sa plaidoirie et remarques.

    g- Impartialité du tribunal et ce, en adoptant totalement tous ce que stipulent les rapports d’enquête et, en ignorant les assertions des inculpés et les plaidoiries de la défense.

    4 – Etape des conditions de détention :

    a- La détention de certains inculpés, à la prison de Sidi Bouzid, de Kasserine – c’est-à-dire, en dehors de la juridiction du juge d’instruction de Gafsa qui a la saisie du procès – est une démarche qui a généré des difficultés notoires tant pour les familles que pour les avocats de la défense, surtout lors des visites.

    b- Interdiction des visites pour les avocats de la défense en dépit des permis délivrés à leur intention, en ce sens, par le juge d’instruction. Une telle démarche est une incontestable atteinte aux droits des inculpés et une entrave sérieuse, pour les avocats de la défense.

    c- Séparation des détenus, les uns par rapports aux autres, et privation de lecture de livres, de journaux et de revues.

    Arrêts de la cour de Gafsa, du mois de Septembre 2008

    Affaire n° 3318, séance du : 03/09/2008 en appel :

    La cour d’appel de Gafsa a définitivement admis, sur la forme et, en l’absence des prévenus, le recours en appel à l’encontre de : « Habiba, Azzaïda et, Mejdi » et, sur le fond, a entériné, en audience publique, les arrêts du tribunal de première instance à l’encontre du reste des accusés et, a mis les frais du procès à leur charge.

    Affaire n°3470, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a admis le recours en appel, en dernier ressort et, en audience publique, sur la forme, à l’encontre de l’accusé et, sur le fond, en l’absence des autres accusés et, a entériné les arrêts de la cour de première instance tout en mettant les frais du procès à la charge des accusés.

    Affaire n°3660, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a définitivement décidé – en l’absence des inculpés, à l’encontre de : « Slim Boujellab, Ramzi Mejdi, Abdelbaki Acharfi, Abdelkader Farhat », et, en audience publique, quant aux autres prévenus – d’entériner, sur la forme, le recours en appel, et, sur le fond, d’approuver l’arrêt du tribunal de première instance et, de réviser l’arrêt, à propos du délit de « perturbation de la circulation sur la vie publique », à huit mois de prison ferme, à trois mois de détention pour le délit « d’outrage à un fonctionnaire public », d’entériner la sentence de la cour de première instance, quant aux reste des charges et, a mis les frais du procès, à la charge de tous les prévenus.

    Affaire n°3779, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour a accepté, en dernier ressort et, en audience publique, sur la forme, le recours en appel, et, sur le fond, a ratifié l’arrêt de la cour de première instance et, ce en révisant la peine qu’elle a limitée à la période de détention et a mis les frais du procès à la charge des accusés.

    Affaire n°3804, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a définitivement accepté et, en audience publique, le recours en appel sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a tous les frais du procès mis à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3805, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, en dernier recours, accepté le recours en appel, en audience publique, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis tous les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3806, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a définitivement accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis à la charge de l’accusé, tous les frais du procès.

    Affaire n°3808, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, en dernier recours, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis tous les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3810, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, définitivement, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis tous les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3811, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, définitivement, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a procédé à la confusion des peines prononcées, dans l’affaire n°3804, et a mis les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n° 3816, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, en dernier recours, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis tous les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3818, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, définitivement, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a procédé à la confusion des peines prononcées dans l’affaire n°3804, et a mis les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3820, séance du : 03/09/2008, en appel :

    La cour d’appel a, en dernier recours, accepté et, en audience publique, le recours en appel, sur la forme et, sur le fond, a entériné l’arrêt de la cour de première instance et, a mis tous les frais du procès à la charge de l’accusé.

    Affaire n°3590, séance du : 11/09/2008 :

    La cour a condamné à trois ans et trois mois d’emprisonnement ferme les accusés : « Mohamed Ben Ammar Ajdidi, Ahmed Ben Mohamed Alfajraoui, Hassen ben Bou Jomaa Ben Ali, Wejdi ben Ammar Bouihi, Mohamed Ben Ammar Bouhi, Alkamesse Ben Ahmed Albouihi, Wissamle Ben Ahmed Albalti, Yhaya Ben Attahar ben messaoud, Mohamed Ben Abdelbaki Bouihi, Saber Ben Alfahem Ben Ahmed Bou Ouni, et ce, pour « atteinte à la propriété d’autrui », « perturbation de la circulation sur la voie publique », « fabrication et détention de cocktails Molotov prohibés », « jets de projectiles et chahut sur la voie publique », « agression violente occasionnant blessure pour un fonctionnaire public ».

    Affaire n°3543, séance du : 12/09/2008 (première instance) :

    La cour du tribunal de première instance a condamné, en audience publique, les accusés : « Mohamed Dhaou, Achraf Moussa, Moncef Haachi, Abdelmajid Aakrémi, Abdelmalik Gouader, et, en l’absence des inculpés : Jamel Aakrémi et ce, à huit mois de prison ferme pour : « perturbation de la liberté de l’exercice de fonction », « outrage à un fonctionnaire public », « atteinte à la moralité (ce délit étant un concours de crimes) et, à huit mois de détention pour le crime le plus grave, suivant l’article n°55 du code pénal, a mis tous les frais du procès à la charge des accusés et, a donné l’ordre de l’exécution immédiate de la sentence à l’encontre de Jamel Ben Alakdhar Aakrémi.

    Affaire n°3952, séance du : 15/09/2008 (Appel) :

    La cour a accepté définitivement le recours en l’appel, sur la forme et, sur le fond, a annulé la sentence du tribunal de première instance, à propos des accusations de : « rébellion commise par plus de dix personnes sans usage d’arme, outrage à un fonctionnaire public, atteinte à la moralité » et, s’est prononcé pour un non lieu en faveur de tous les accusés et, a confirmé l’arrêt de première instance, au surplus du côté du principe de la culpabilité et ce, en majorant la charge pour les crimes de : « perturbation de l’ordre sur la voie publique » à trois mois de prison ferme, le crime de « destruction de la propriété d’autrui » et de « jet de projectiles sur des véhicules d’autrui » qui équivalent au crime le plus grave suivant l’article n°54 du code pénal », vis-à-vis de : Faouzi Alalmasse, Moammar Amidi, Abdessalam Adhaouadi, pour lesquels on a décidé la confusion des peines prononcées. Quant aux accusés : Abdelaziz ben Soltane, Nizal Chébil, Kamel ben Othmen, ils ont vu leur sentence limitée à la période de détention déjà effectuée et, on les a mis en garde quant à la validité de la sentence de première instance, en cas de récidive. On a mis les frais du procès à la charge des accusés.

    Affaire n°3592, séance du : 16/09/2008 (tribunal de première instance) :

    La cour de première instance a condamné, en l’absence des inculpés, à l’encontre de : « Nouréddine ben Abdallah Saïdi, Mahjoub Ben Ali Mabrouki, Othmen ben Mohamed Znaïdia, Jamel ben abbasseen, et, en audience publique quant au reste des accusés, les accusés suivants : « Noureddine ben Abdallah Saïdi, Mahjoub ben Ali Mabrouki, Othmen Ben Mohamed Znaïdia et Jamel ben Abbasse », à quinze jours de prison ferme pour « tapage et chahut » et, à quatre mois de prison ferme pour « perturbation de l’ordre sur la voie publique », et a considéré « l’outrage à un fonctionnaire public », « l’atteinte à la moralité » comme un concours d’infractions, et condamne à quatre mois de prison ferme pour le crime le plus grave : « Abdelwaheb ben Messaoud Jawhari, Rabeh ben Mohamed Amor, Mokdade ben Ezzédine Rahel, Eliasse Ben Sliman Bou Menjel », à deux mois de prison ferme, pour « perturbation de la circulation sur la voie publique », et considère les crimes « d’outrage verbal à un fonctionnaire public » et « l’atteinte à la moralité » comme un concours d’infractions et, les condamne tous, quant au crime le plus grave, à un mois de prison ferme et, à une amande de quatre dinars et huit cents millimes, pour « tapage et chahut », a mis les charges les du procès à leurs frais et, a ordonne la mise en exécution immédiate des sentences.

    Affaire n°3589, séance du : 18/09/2008 (tribunal de première instance)

    La cour de première instance a prononcé, en audience publique et, en l’absence des accusés, à l’encontre de : « Bou Ali et Mohamed, à l’encontre de Walid Algrib » la sentence de trois mois de prison ferme pour « vol » et, de quinze jours de prison pour « ébriété évidente » et, la même condamnation pour « tapage et chahut », a mis les frais du procès sur à la charge des accusés et, a ordonné la mise à exécution immédiate de l’arrêt à l’encontre de Walid Algrib.

    Affaire n°3579, séance du : 18/09/2008 (tribunal de première instance)

    En audience publique, la cour de première instance a condamné : Samir Gouader, Issame Gouader, Sadok Gouader, Mohamed Ali Gouader, Bahhaeddine Gouader, Elyasse Gouader, Faouzi Aakrémi, Tarek Ameïsya et, en l’absence des inculpés : Mohaed Mosbah, Jamel Aakrémi, Riadh Gouader, Aljoumaï Gouader, Ayemen Moussa, Hassine Gouader, Radhouane Aakrémi, Hani moussa, Fadi Gouader, Slim Gouader, Rifki Gouader, Bilel Gouader, Sami Gouader Othmen Gouader, Nouréddine Gouader, Ismail Aakrémi, Haroun Alhousni, Abdelgaffar Aakrémi, Lotfi Aakrémi, Mehdi Gouader, Marouane Aakrémi, Yassine Aakrémi, Kamel Mosbah, Salah Aakrémi, Dhaker Aakrémi, Almouldi ouader, Zaïani Gouader », à deux mois de prison ferme pour « participation à une rébellion commise par plus de dix personnes, sans usage d’arme », pour « destruction préméditée de la propriété d’autrui », à un mois de prison ferme pour « perturbation de la circulation sur la voie publique », à un mois d’emprisonnement pour : « outrage à un fonctionnaire public », à un mois de détention pour : « perturbation de la liberté du travail », à quinze jours de prison ferme pour : « jet de projectiles sur la propriété d’autrui », à quinze jours de détention pour « tapage et chahut sur la voie publique ». La cour a condamné aussi Samir Gouader à un mois de prison ferme pour « port prohibé d’arme blanche », lui a allégé la peine par un sursis d’exécution , a mis en garde tous les accusés de toute récidive rendant valides les peines prononcées, a ordonné la mise en exécution immédiate quant à la sentence prononcée à l’encontre de tous ceux qui sont en état de fuite , et a prononcé un non lieu de l’action publique sans préjudice des droits de la partie civile et la destruction du confisqué, en faveur de l’accusé Walid Aakrémi.

    Affaire n°3573, séance du : 18/09/2008 (1° instance) :

    La cour de première instance a condamné, en audience publique, l’accusé Mohamed Alaïd, à la peine d’un mois de prison ferme pour « rébellion commise par plus de dix individus sans usage d’arme », à un mois de détention pour « destruction préméditée de bien d’autrui », à un mois d’emprisonnement pour « perturbation de la circulation sur la voie publique ». Elle a prononcé aussi la sentence d’un mois de prison à l’encontre de : Assibti Belkir pour « rébellion commise par plus de dix individus, sans usage d’arme », d’un mois pour « perturbation de la circulation sur la voie publique », de seize jours de détention pour « destruction préméditée de la propriété d’autrui », a aggravé la même peine pour « outrage verbal et l’intimidation à l’encontre d’un fonctionnaire public. La cour a condamné aussi, les accusés : Hakim Souidi, et Boubaker Ben Boubaker, à la peine de seize jours d’emprisonnement pour « rébellion commise par plus de dix personnes, sans usage d’arme », à seize jours, pour « destruction préméditée de la propriété d’autrui », à seize jours, pour « outrage à un fonctionnaire public », à la même peine pour « perturbation de la circulation sur la voie publique ». Enfin, le tribunal a condamné tous les accusés à une amende de quatre dinars et huit cent millimes pour « jet de projectiles sur la propriété d’autrui », à la même amende pour « tapage et chahut » et, amis les frais du procès à la charge de tous les accusés.

    Affaire n°3590, séance du : 23/09/2008 (1° instance)

    La cour de première instance a condamné, en séance publique, les accusés : Mohamed Ben Ammart Jdidi, Ahmed Ben Mohamed Fajraoui, Hassen Ben Bou Jomaa Ben Ali, Zine Alabidine Houchami, Wajdi Ben Ammar Bouihi, Alkhamesse Ben Ahmed Boulifi, Wissame Ben Ahmed Atlili, Yahi Ben Attahar Ben Messaoud, Mohame Ben Abdelbaki Bouihi, Sabeur Ben Alfaheb Bou Ouni, à la peine d’un an d’emprisonnement et ce, pour « fabrication prohibée de cocktails Molotov », à un an de prison pour « outrage à un fonctionnaire public », à huit mois de détention pour « destruction de la propriété d’autrui », à huit mois pour « perturbation de la circulation sur la voie publique », à quinze jours d’emprisonnement pour « jet de projectiles sur la propriété d’autrui », à quinze jours pour « tapage et chahut » et, a mis les frais du procès à la charge de tous les accusés.

    Affaire n° 3572, séance du : 23/09/2008 (1° instance)

    La cour de première instance a condamné les accusés : Ismail, Abdelkrim, Ali et Hatem, à la peine de six mois d’emprisonnement ferme pour « destruction préméditée de la propriété d’autrui », à six mois de prison, pour « perturbation de la circulation sur la voie publique », à six mois d’enfermement pour « outrage à un fonctionnaire public », à trois mois de détention pour « acte de violence à l’encontre d’un fonctionnaire public », quinze jours d’emprisonnement pour « jet de projectiles sur la propriété d’autrui », à un an de prison ferme pour « fabrication et détention d’objets dangereux, prohibés ». La cour a aussi prononcé à l’encontre de : Ismail, Abdelkrim et Ali, la sentence de six mois ferme, pour « avoir aidé à se soustraire à une enquête policière » et, porte les frais du procès à la charge des accusés. Elle a aussi ordonné l’exécution immédiate de la sentence ayant trait à l’agression et la violence.

    Affaire n°08/3656, séance du : 24/06/2008 (An appel)

    La cour a, définitivement, accepté leur recours en appel, sur la forme, et, en présence des inculpés : Oudey Anouar Abid, Mahmoud Achriti, Mohamed Baya, Ibrahim Glaab, Ali Arrhili, Wajdi Garioun, Faïçal Abidi, Issame Arrhili, Ammar Achiri, Hamdi Attouiti, et, en l’absence des inculpés, quant à ce qui les concerne et, sur le fond, a annulé la sentence de première instance pour les accusés : Sami Ben Ahmed, Fethi Arrhili, Radhouane Almarzouki, détenus pour le crime de « fabrication et détention prohibée de cocktails Molotov », et s’est de nouveau prononcé par un non lieu en faveur de : Chokri Bidi, Ali Arrhili, et a confirmé l’arrêt de la cour de première instance pour les inculpés, quant au surplus du côté du principe de la culpabilité, et a révisé la condamnation concernant : Adel Khilifi, Jihad Melki, Mohamed Bouihi, Sami Attabbabi, Boubaker Harouni, Ganem Acharayti, Haroun Halimi, Sami ben Ahmed ben Ahmed, Fethi Arrhili, Radhouane Marzouki, Faïçal Ben Amor et ce, pour le crime de : « Destruction de la propriété d’autrui » et « jet de projectiles sur les véhicules d’autrui » et les a considérés comme un concours de crimes pour le délit le plus grave », ainsi que pour les crimes de « outrage à un fonctionnaire public », « tapage et chahut sur la voie publique » considérés comme « un concours de crimes pour le délit le plus grave ». La cour a décidé aussi, de réviser la sentence de première instance prononcée à l’encontre de : Ganem Achriti, Haroun Halimi, Faïçal ben Ahmed Ben Amor, à propos du crime de : « détention prohibée de cocktails Molotov » et ce, en l’abaissant à quatre mois pour chacun des accusés, pour « Ganem Achriti, Haroun Halimi, Sami ben Ahmed, Fethi Arrhili, Radhouane Marzouki, Faïçal ben Ahmed Ben Amor, aussi et ce, en révisant la sentence à propos du délit de « perturbation de la circulation sur la voie publique », réduite à deux mois de détention, pour chacun d’eux, ainsi que pour le crime de « de destruction de la propriété d’autrui », réduit à deux mois de prison, de même pour le crime de « outrage verbal à un fonctionnaire public » réduit à un mois d’emprisonnement, et a confirmé la décision du tribunal de première instance, quant à ce qui les concerne et, ce qui concerne les autres, et a mis les frais du procès à la charge des inculpés.

    Affaire n°08/3628, séance du : 23/09/2008 (En appel)

    La cour a, en dernier ressort et, en l’absence des inculpés, accepté le recours en appel, sur la forme, à l’encontre de : Ramez Akrémi, Assaïd Hélali, Issame Ben Hassen Arrhili, Isame Ben Alhousein Arrhili, Ammar Alachiri, Alahmadi Belkhiri, Salah Fardi, Maher Fajraoui et, en audience publique à l’encontre du reste des accusés et, sur le fond, par le rejet de la sentence de première instance, pour l’accusé Faïçal Ben Abdeljélil Ben Amor Bou Slahi, et a prononcé « le non lieu » en sa faveur, quant aux accusations qui lui ont été imputées. La cour a aussi prononcé « le non lieu » en faveur de l’accusé Bou Ali Alabidi, condamné pour « fabrication et détention de cocktails Molotov » et a confirmé je jugement de première instance, quant au principe de l’accusation, et a révisé ce verdict et ce, en reconsidérant les crimes de : « destruction de biens d’autrui, jet de projectiles sur les véhicule d’autrui, considérés comme un concours d’infractions générant la punition pour le crime le plus grave. La cour a réduit aussi les peines générées par les crimes de « perturbation de l’ordre sur la voie publique » à quatre mois de prison ferme, pour : Maher Malki, Alamine ben Ali, Ammar Abidi, Walid Ajdidi, et Ramez Alkhmiri, Attaïeb Alkhmiri, Bou Ali Alabidi, et Bou Hélal Alabidi, et la sentence pour « destruction de la propriété d’autrui », à deux mois de détention pour chacun d’eux ; elle a aussi réduit la condamnation pour « outrage à un fonctionnaire public ». La même réduction à quatre mois d’emprisonnement, a été prononcée en faveur de l’accusé Bou hélal Alabidi. On a aussi confirmé le jugement de première instance, en ce qui concerne les droits de tous les accusés et a mis les frais du procès à leur charge.

    Affaire n°08/3117, séance du : 26/09/2008 (première instance)

    En audience publique, la cour de première instance a condamné les accusés : Adel khlifi, Abdessalam Jrad, Jihad Melki, Mohamed Bouihi, Sami Tabbabi, Bilel Arrhili, Boubaker Harouni, Chokri Glab, et en l’absence du reste des inculpés, à deux mois de prison ferme pour « perturbation de l’ordre sur la voie publique », à deux mois de détention pour « destruction préméditée de la propriété d’autrui », à quinze jour d’emprisonnement pour « jet de projectiles sur les véhicules d’autrui », à quinze jours de détention pour « tapage et chahut ». La cour a prononcé la sentence d’un mois de prison à l’encontre de : Adel Khlifi, Jihad Melki, Boubaker Harouni, pour « outrage verbal à un fonctionnaire public », a condamné les accusés : Jihad Melki à la prison de quatre mois, pour « fabrication et détention prohibées, de cocktails Molotov, sans autorisation » et, les accusés : Ganem Achriti, Ali Arrhili, Wajdi Garioun, Radhouane Marzouki, Wisame Garioun, Faïçal Amidi, Chokri Ben ahmed Bidi, Issame Arrhili, Faïçal ben Amor, Ammar Achiri, Hamdi Attuiti, à six mois de détention pour « fabrication et détention prohibées de cocktails Molotov », à trois mois pour « perturbation de l’ordre sur la voie publique », à trois mois d’enfermement pour « la destruction préméditée de la propriété d’autrui », à trois mois de détention pour « outrage verbal à un fonctionnaire public », à quinze jours de prison pour « jet de projectiles sur les véhicules d’autrui », à quinze jours pour « tapage et chahut » et, a mis les frais du procès à la charge des accusés. En outre, la cour a prononcé le non lieu en faveur de : Abdessalam Jrad, Anouar Abidi, Mahmoud Achraîti. Elle a aussi prononcé « un sursis d’exécution de la peine privative de liberté, en faveur de : Adel Khilifi, Mohamed Bouihi, Sami Attababi, Boubaker Harouni, Chkri Glab et, les a mis en garde quant à la moindre récidive qui entraînera automatiquement la mise en exécution des peines prononcées. Elle a aussi donné l’ordre de l’exécution immédiate du non lieu de l’action publique sans préjudice des droits de la partie civile et, la destruction du cofisqué, en faveur de : Ganem Achriti, haroun Halimi, Sami ben Ahmed, Fathi Arhili, Mohamed baya, Ibrahim Glab, Ali Rhili, Wajdi Garioun, Radhouane Marzouki, Wissame Grioun, Faïçal Amidi, Chokri ben Ahmed Baddi, Isame Arhili, Faïçal Ben Amor, Ammar Achiri, Hamdi Attuiti.

    Traduction de : Habach

    Commentaire relatif aux mesures annoncées le 16 juillet 2008
    Concernant le développement de la région de Gafsa

    Pr. Abdeljelil Bedoui,
    Tunis Juillet 2008

    Les mesures annoncées le 16 juillet 2008, à l’occasion de la tenue à Tunis ( Palais de Carthage) d’une session extraordinaire du conseil régional du gouvernement de Gafsa, interviennent plus de six mois après le déclenchement, le 6 Janvier 2008, d’un mouvement ininterrompu de contestation populaire pacifique contre le chômage, la hausse des prix et la précarité des conditions de vie et environ un mois et demi après la vague d’arrestation et d’emprisonnement des principaux militants de ce mouvement. Ces faits qui renvoient à des questions de gouvernance indiquent manifestement une absence d’anticipation des évènements par les différentes autorités locales, régionales et nationales qui semblent avoir été surprises par ces derniers, une hésitation quand à la méthode qu’il convient d’employer pour faire face à ces événements et une démarche bureaucratique et centralisée concernant le traitement du dossier et l’annonce des mesures.

    Au départ et jusqu’à la fin du mois de mai, les contacts et négociations engagés par les différentes autorités avec les portes paroles de ce mouvement ont été salués par tous les observateurs qui ont pensé, un moment, que les autorités politiques manifestent une attention particulière aux revendications populaires et sont soucieuses d’impliquer la population et de favoriser le dialogue social dans la recherche de solutions appropriés et durables aux problèmes posés. Malheureusement, il s’est vite avéré que les contacts et négociations n’étaient, en fait, destinés qu’à calmer les esprits et gagner le temps nécessaire pour préparer le terrain et les conditions favorables à l’utilisation de la solution sécuritaire destinée à briser le mouvement de contestation et à casser les mécanismes de solidarité qui étaient à l’origine de l’intensité et de la durée remarquables de ce mouvement. Une fois les concernés et les acteurs mis à l’écart et “réduits au silence”, les autorités politiques ont annoncé à partir de Tunis un train de mesures multiples et variées qui appelle les commentaires suivants.

    En premier lieu, ce train de mesures a été conçu à partir d’un diagnostic qui semble avoir considérablement sous estimer la profondeur des événements survenus depuis Janvier dans le gouvernorat de Gafsa. En effet, ces événements ont été attribués par le discours officiel à des ” irrégularités commises par les responsables de la compagnie de phosphate de Gafsa (C.P.G) dans les opérations de recrutement, suscitant la désillusion et la déception des jeunes concernés par les opérations”. Ainsi, ces événements sont considérés comme un simple accident de parcours du à une bavure technocratique, et non comme l’expression d’un échec des choix qui concernent d’une part, les politiques économiques adoptées, en particulier dans le domaine de la politique du développement régional et, d’autre part, la politique de décentralisation et l’état de la gouvernance tant au niveau des principales entreprises et institutions de la région, qu’au niveau national.

    En second lieu, l’absence d’un diagnostic objectif global et profond, a amené les autorités à envisager un train de mesures qui s’inscrit totalement dans une logique de continuité et de reconduction des principaux choix jusqu’ici adoptés sur le plan économique, institutionnel et politique. Cette logique de continuité se manifeste à différents niveaux dans le discours du 16 Juillet 2008 :

    a) Au niveau du Bilan, considéré satisfaisant, des actions et interventions menées par l’Etat dans la région de Gafsa et dans tous les domaines (des investissements, du développement agricole, de la formation, de la santé ….) durant la période comprise entre le VII et le X plan, soit depuis le changement politique intervenu en novembre 1987

    b) Au niveau du train de mesures annoncées qui ne fait que reprendre, élargir parfois et renforcer dans certains cas les mesures et projets envisagés déjà par le XI plan de développement 2007-2011

    c) En fin, et c’est l’essentiel, la logique de continuité apparaît au niveau de la démarche retenue pour ” stimuler l’investissement et impulser l’emploi” et qui consiste toujours à compter sur le secteur privé et à confier à ce dernier aussi bien le destin des régions défavorisées que l’avenir du développement national, et ce en accordant à chaque fois au secteur privé plus d’avantages et de faveurs sur le plan fiscal et financier et en aménageant et améliorant les conditions favorables à l’initiative privée. Dans cette perspective, il a été décidé de “réduire de 75% la taxe en vigueur en matière d’exploitation des carrières de pierre dépendant des biens de l’Etat”, “d’inclure toutes les délégations du gouvernorat de Gafsa dans la liste des zones prioritaires de développement régional, ce qui leur a permis ainsi d’obtenir le maximum d’avantages, y compris la prime à l’investissement qui s’élève à 30% du coût du projet pour les nouveaux prometteurs… et d’inscrire plusieurs délégations sur la liste des régions bénéficiaires des encouragements accordés au tourisme saharien”. D’autres mesures concernent “la mise en place d’un complexe industriel et technologique intégré dans chacune des délégations du bassin minier sur une superficie de 25 hectares pour chaque complexe …” et d’allouer 300millions de dinars au fonds de réorientation et de développement des centre miniers (FRDCM) et à la CPG pour leur permettre de participer au capital des sociétés qui seront créées”. Malgré l’importance de certaines mesures telles que la création d’un ensemble de complexe industriel et technologique, il faut noter que celles ci ne seront pertinentes et efficaces que si elles suscitent l’intérêt du secteur privé et entraînent de la part de ce dernier la création de nouveaux projets. Or rien ne garanti que ces mesures vont entraîner automatiquement l’émergence de plus d’initiatives privés. Bien au contraire l’expérience des huit dernières années montre au niveau national que malgré les multiples avantages accordés, les nombreuses zones industrielles et pôles technologiques crées et les larges facilités de financement prévues, le secteur privé Tunisien a manifesté jusqu’ici un comportement de désarroi et de manque d’agressivité face aux nouvelles contraintes de la mondialisation. Ceci est clairement indiqué par la faiblesse du taux d’investissement privé local qui est resté en deçà des attentes du coût des sacrifices et des efforts consentis par la collectivité nationale, des objectifs fixés et des niveaux atteints par des pays voisins et lointains proches du niveau de développement de la Tunisie. En troisième lieu, les mesures annoncées n’ont pas pris en considération le nouveau contexte caractérisé par la libéralisation de l’économie et son insertion internationale accrue et qui a entraîné l’émergence, tant d’une nouvelle logique dominante qui est celle de la compétitivité que d’une nouvelle priorité accordée à l’exportation qui ont influencé considérablement la répartition géographique des activités économiques. En effet, les défis de la compétitivité et la bataille pour accroître les exportations et améliorer la part de la Tunisie sur les marchés extérieurs ont entraîné de la part du secteur privé local et étranger une recherche effrénée de compression de coûts, d’amélioration de la productivité du travail et de mobilisation des économies externes. Ces nouvelles exigences et pratiques font que le phénomène de la localisation des projets économiques sur le littoral ne cesse de se renforcer et avec lui les inégalités régionales et l’accroissement de nombre de régions en difficulté. C’est ainsi que depuis le début de l’an 2002 sept gouvernorats (Beja, le Kef, Séliana, Kairouan, Kasserine, Sidi Bouzid, Gafsa) enregistrent une baisse de leur population. Les mutations en cours et l’expérience concernant le comportement du secteur privé devraient amener les autorités à redéfinir sa politique régionale et ses choix économiques. Au lieu de cela l’Etat continue à confier le destin du développement au secteur privé et s’acharne à organiser son désengagement, à respecter le principe libéral de la neutralité de l’Etat, à renoncer à l’adoption d’une politique industrielle (nécessaire pour améliorer la visibilité du secteur privé et créer une synergie entre public/privé) et à abandonner la politique de compensation des intrants agricoles.

    En quatrième lieu, les mesures annoncées ne prennent pas en considération le déséquilibre intra régional et le fait que la partie la plus pauvre et la plus sinistrée du gouvernorat de Gafsa se trouve en fait dans la partie agricole et rurale comparativement à la partie minière. En effet l’essentiel des mesures concerne le bassin minier avec l’annonce de la création d’une cimenterie et d’une usine de production de triacide de phosphate supérieur, d’un deuxième projet de développement agricole intégré, de la mise en place d’un complexe industriel et technologique intégré dans chacune des délégations du bassin minier, la création d’un complexe omnisport à Métlaoui, l’agrandissement du gradin du complexe sportif de Gafsa, le gazonnage du stade de Rédayef, le regazonnage et l’électrification du stade de Métlaoui, le renforcement du tourisme à Métlaoui etc… Pour la partie nord du gouvernorat de Gafsa, il a été simplement prévu “de réaliser une étude concernant le projet de développement agricole intégré au profit de 28 zones rurales dont la population totale est d’environ 168000 citoyens”

    En cinquième lieu, les mesures décidées ne prennent pas en considération les spécificités d’une région qui est victime d’une véritable catastrophe écologique (qui affecte le sol, l’eau, l’air, les animaux et l’homme), qui souffre d’un manque d’eau malgré son potentiel agricole et qui traîne des problèmes relatifs à l’assainissement foncier qui handicape son développement économique. Dans les mesures annoncées rien n’est prévu concernant le traitement du problème de la pollution et de la situation foncière. Dans le domaine de l’eau il est prévu de” réaliser 9 puits exploratoires et trois puits de sondage ouverts, d’équiper 4 puits et d’électrifier 40 puits de surface”. Or étant donné l’état de la nappe phréatique et des réserves régionales en eau, le développement agricole régional de la région nécessite un important apport additionnel provenant d’autres régions (désalinisation de l’eau de mer à Gabes, acheminement d’eau de barrages situés en dehors de la région) et une meilleure utilisation et affectation de l’eau disponible entre usage industriel et usage agricole.

    En sixième lieu, les mesures annoncées sont en décalage avec les besoins urgents de la région dans la mesure où le nombre des emplois qui sera généré par les projets retenus (lorsqu’ils entrent en activité dans quelques mois pour certains et quelques années pour d’autres) est largement en deçà de l’ampleur du chômage et de sa structure (importance du chômage féminin et des chômeurs diplômés) que ce soit dans le bassin minier ou dans l’ensemble du gouvernorat de Gafsa. De sorte que ces projets à court terme ne peuvent pas fournir une réponse aux urgences sociales qui ont représenté les causes immédiates du mouvement populaire de contestation.

    En septième lieu les mesures annoncées révèlent un manque de ciblage, une absence de priorité et de cohérence qui souligne comme on l’a relevé plus haut l’absence de diagnostic, l’improvisation, et la non prise en compte de la spécificité de la région comme l’indiquent les mesures consistant à gazonner et regazonner des stades, à développer le tourisme, à créer des villages d’artisanat, à créer des complexes omnisports et de centres de loisirs pour des jeunes en chômage dont la priorité est de trouver un emploi et une source de revenu. Tout s’est passé comme si les différents départements ministériels ont été sollicités à la veille d’un discours présidentiel pour proposer chacun de son coté un certain nombre d’actions et de projets à réaliser principalement dans le bassin minier.

    Enfin et en huitième lieu, les mesures décidées laissent apparaître un déséquilibre entre les différentes actions envisagées. En particulier les actions envisagées dans le domaine des infrastructures sont en deçà du retard enregistré et des besoins exprimés par cette région particulièrement dans le domaine de la santé, du transport par chemin de fer, de l’eau potable (les citoyens du bassin minier se plaignent de la mauvaise qualité de l’eau distribuée par la SONEDE et sont obligés d’acheter une eau de meilleure qualité provenant de la délégation du Sned), les problèmes relatifs aux constructions endommagées par les explosions provoqués par l’exploitation minière, la pollution qui détériore les conditions de vie et les possibilités de développement de la région.

    Au total, les mesures annoncées ne semblent répondre ni aux urgences sociales (en particulier la lutte contre le chômage), ni aux exigences d’un développement régional durable. La situation actuelle de la région de Gafsa et l’augmentation du nombre des régions en difficulté (nombre, jamais enregistré, depuis 1956) exigent une nouvelle réflexion sur le développement régional qui devrait amener à repenser le rôle des différents acteurs et institutions ainsi que la question de la décentralisation et de la gouvernance.

     
  • sami ben gharbia 10:04 pm on June 8, 2008 Permalink | Reply
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    بالأحمر كفناه 

    بالأحمر كفناه

    بمناسبة يوم التدوينة الحمراء تضامنا مع أهالينا بمناطق الحوض المنجمي.

    معذرة لصاحب هذه الصورة الجميلة التي وجدتها على محرك بحث غوغل. معذرة أيضا على إضافة دمعة من أجل تونس في عين هذا الشاب.

     
  • sami ben gharbia 4:29 am on April 18, 2008 Permalink | Reply
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    عائلات تونسية تلجئ إلى الجزائر هربا من الفقر و تونس تتهمها بالتهريب و الخروج عن القانون 

    المصدر: يومية الخبر

    لقد اتهمت السلطات التونسية عشرات العائلات التونسية، من الشيوخ و النساء و الأطفال و حتى الرضع، التي كانت قد هربت من الفقر و الجوع لاجئة إلى الجزائر الشقيقة بأنها من “مخترقي الحدود و مجرد مهربين وخارجين عن القانون”. فقد صرح مصدر من سفارة الجمهورية التونسية بالجزائر أمس، ردا على الأنباء التي أوردتها يومية “الخبر” الجزائرية و التي زارت الخيم الذي نصبتها العائلات التونسية بالأراضي الجزائرية، بأن هذه “العائلات ممن تم تضييق الخناق عليهم من قبل قوات الحدود التونسية والجزائرية، ومنعهم من المتاجرة بالسلع المهربة وإلحاق المزيد من الأضرار باقتصاد البلدين”. و قالت السفارة التونسية “أن النظام التونسي حرص على القضاء على كل مظاهر الفقر والعوز منذ فجر الاستقلال” نافية الأخبار التي تحدثت عن انتشار الأمراض وتدني الأوضاع المعيشية في الجنوب التونسي، مؤكدة في نفس الوقت بأن ”النهضة الشاملة في تونس انتفعت بها كل الجهات والشرائح”.

    الهروب إلى الجزائر

    المصدر: يومية الخبر

    و قالت جريدة الخبر أن ما يزيد عن مائة مواطن تونسي قد عبروا الحدود الجزائرية و تمركزوا بمنطقة عائشة أم شويشة بقرية عقلة أحمد التابعة لولاية تبسة الجزائرية. و قالت هذه العائلات أنها فرت من “جحيم البطالة والفقر وانتشار الأمراض و تفشي الأمية” و من “وحرمان أبنائهم من الحق في الدراسة والعمل”.

    و طالبت العائلات مقابلة والي قفصة التونسي الذي رفض التوجه إليهم و الإستماع لمطالبهم. و قد روت أحد النساء اللاجئات أن أعوان الأمن التونسي قد اعتدو عليها بالضرب قائلة: ”أنظروا، أبنائي الصغار تعرضوا للضرب أيضا لحظة فرارنا، واستخدم الأمن التونسي الرصاص الحي والقنابل المسيلة للدموع، غير أن التعتيم الإعلامي وسياسة تكميم الأفواه ما زالت تحاصر التونسيين”.

    المصدر: يومية الخبر

    و فيما منعت قوات الشرطة التونسية أهالي بعض الفارين من الإلتحاق بذويهم صوب الجزائر رفض الفارون العودة إلى تونس رافعين العلم الجزائري و مطالبين بمنحهم الجنسية الجزائرية:

    وأكد مواطن تونسي يبلغ من العمر 60 سنة ويدعى غوادية محمد الصغير لـ”الخبر”، أن الحفرة التي تعيشها مداشرهم من خلال تفشي الأمية والبطالة والفقر وغياب المشاريع التنموية وحرمان أبنائهم من الدراسة ويأسهم من النداءات المتكررة للسلطات التونسية، تقف وراء هذه الحركة الاحتجاجية ”التي لن نتراجع عنها ولن نعود إلى تونس حتى وإن كلفنا ذلك السجن أو الموت، لأنهما أرحم من ظروف معيشة متدنية ترفضها حتى الحيوانات، ونرجو من السلطات الجزائرية أن تمنحنا الجنسية حتى نتمكن من الإقامة بصفة قانونية”.

    و ليست هذه هي المرة الأولى التي تضطر فيها عائلات تونسية بأكملها إلى الهجرة الجماعية و طلب اللجوء بالجزائر أملا في العمل و توفير لقمة العيش و هربا من آفة الفقر و القهر الإجتماعي التي تفتك بتلك المناطق النائية. فقد فر في أواخر سنة 2003 ما يزيد عن 60 مواطنا تونسيا من أهالي دوّار البراهمة، و هي منطقة حدودية تقع بسيدي رابح بمعتمدية ساقية سيدي يوسف بولاية الكاف. و قد قامت وقتها السلطات الجزائرية بإحالتهم على محكمة سوق هراس بتهمة إجتياز الحدود بدون رخصة و حوكموا بستة أشهر سجن مع تأجيل التنفيذ. و بعد إعادتهم قسرا إلى تونس، على رغم امتناعهم و مخاوفهم، قامت السلطات التونسية بإحالتهم على التحقيق بالمحكمة الإبتدائية بالكاف بتهم “تكوين عصابة مفسدين و مغادرة التراب التونسي بدون وثيقة سفر و عقد إجتماعات بدون رخصة”. و قد تعرض بعضهم إلى التعنيف و الضرب أثناء التحقيق. و قد روت إحدى الأمهات وقتها أنها لا تملك أية لقمة عيش بوطنها تونس و أنها تقتصر على طبخ الحشائش البرية لتغذية أبنائها.

    و يأتي هذا الحادث في الوقت الذي شهدت فيه أهمّ مدن الحوض المنجمي بولاية قفصة (الرديف و أم العرائس) مظاهرات و أضرابا عاما احتجاجا على تردي الأوضاع المعيشية بالجهة خاصة بعد تزوير نتائج المناظرة التي نظمتها شركة فسفاط قفصة. و فيما واجهت السلطات التونسية موجة الإحتجاجات تلك بالقمع و اعتقال النشطاء النقابيين التزم طابورها الصحفي الرسمي و شبه الرسمي بالصمت و كأن ما يحدث بقفصة و الحوض المنجمي لا يهم الشأن التونسي. فهل نعجب أن تلجئ العائلات التونسية الموزعة إلى الجزائر بعد أن ضاق بها وطنها؟ أم هل نعجب أن يهرب النظام التونسي من تحمل مسؤولياته في تأمين لقمة العيش الكريم لكل مواطنيه بدل اتهام المقهورين منهم بالمهربين و الخارجين عن القانون و بدل تبذير الثروة الوطنية، على تواضعها، في تشييد القصور الرئاسية و صرف المليارات في ترميم كذبة “النموذج التونسي” و “جمهورية الغد” التي لم و لن تأتي.

     
  • sami ben gharbia 7:41 pm on March 27, 2008 Permalink | Reply
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    قطع الماء عن زنزانة الصحفي و المدوّن سليم بوخذير 

    Dry cell for Slim Boukhdhir
    Uploaded by fikrat

    لمشاهدة الفيديو على يوتيوب إضغط هنا

    لا يزال مسلسل الإنتقام من الصحفي و المدون التونسي سليم بوخذير مستمرا منذ أن تجاوز هذا الأخير الخطوط الحمر التي رسمتها السلطة . فبعد أن فُصل من عمله بجريدة أخبار الجمهورية ثم جـُوّع هو و ذويه و اعتـُدي عليه بالعنف مرارا و خـُرب بيته و نصب له كمين بات من اختصاص عصابات الأمن (كالذي نصب للفكاهي التونسي الهادي ولد باب الله من أجل تقليده للرئيس بن على و الحكم عليه سنة سجنا بتهمة “حيازة مادة مخدّرة” ) لفقت له بمقتضاه تهم باطلة، بعد أن وعدوه كذبا باسترجاع جواز سفره مقابل تعليق إضراب عن الطعام كان قد خاضه معية الحقوقي و المحامي محمد النوري.

    فبعد أن فبركت ضده يوم 04 ديسمبر 2007 مسرحية “عدلية” لفقت له خلالها تهم “الإعتداء على البوليس و الأخلاق الحميدة” و “رفض الإدلاء ببطاقة هويته” و من ثم الزج به في السجن دون موجب و لا مبرر لمدة عام واحد، ها هي الدولة التونسية تستفرد به في زنزانته التي باتت فضاءا، لا للعقوبة و الإصلاح كما تتدعي، بل للانتقام و التشفي من الخصماء السياسين و سجناء الرأي.

    إذ لا يكفي أن حرمته إدارة السجن من ملاقات طبيبه الخاص و نقله إلى زنزانة ضيقة و مظلمة بعد أن سدت عليه نافذة الإنارة و التهوئة الوحيدة و الصغيرة، ها هي تحرمه حتى من الماء لمدة ثلاث أيام.

    إلا أنه حسب قول السيد رضا خماخم، المسؤول عن حقوق الإنسان في وزارة العدل التونسية (إستمع فوق لحديث السيد رضا خماخم لقناة الجزيرة ) فإن سليم بوخذير يقيم في غرفة و ليس في زنزانة و هذه الغرفة “تتوفر فيها كافة شروط الإقامة القانونية المنسجمة مع المعايير الدولية و فيها تلفزيون و فيها ظروف إقامة طيبة، و هو يتمتع بالفسحة اليومية.”

    و لم يبقى لسليم سوى سلاح الإضرابات المتكررة عن الطعام للتعبير عن استنكاره لهذه الإنتهاكات لأبسط حقوقه الإنسانية، كان آخرها يوم 22 فيفري 2008.

    أنشر هنا إتصالي الهاتفي بزوجته السيدة دلندة التي سألتها عن سليم و عن الزيارة التي يعتزم وفد من الصليب الأحمر القيام بها إلى سجن صفاقس أين يقضي سليم بوخذير عقوبته.

    (يمكنكم الإستماع إلى شهادتها فوق أو أسفل أو على هذا الرابط على يوتيوب)

     
  • sami ben gharbia 6:43 pm on June 23, 2006 Permalink | Reply
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    Tunisian museum of Human rights 

    flash

    Journalist and former political prisoner, Abdallah Zouari made the museum. It is in Zarzis, where he is continuing to spend the 5 years of his administrative control. These photos were taken by Elijah Zarwan (The Skeptic) – a Cairo-based consultant for Human Rights Watch, and the author of a report on freedom of expression and censorship online in the Middle East and North Africa- during his november’s 2005 visit to the banishment of Mr Zouari in the remote south of Tunisia.

    Music: Le Voyage de Sahar (2006), by Anouar Brahem.

    (More …)

     
    • Sami Ben Gharbia 6:31 am on June 24, 2006 Permalink | Reply

      Thank you Elijah for writing about this and for the beautiful photos you made in Zarzis. Hope it will help getting people aware about the unfair situation of Abdallah Zouari.

    • albaroudi 1:08 pm on June 26, 2006 Permalink | Reply

      Bravo…

      La situation que vit Mr Zouari est inhumaine…-museum of Human rights- est une tres belle initiative pour montrer ce que subit le tunisien au quotidien.

    • samir 1:06 am on March 25, 2007 Permalink | Reply

      salam alikom!!!!

      je suis tunesien et je suis tres fier d etre…mais

      !!!! tu voix je suis en allmagne ,je voix toujour l evolution de cette paye et quand je fait une comparaison

      je me sens tres triste…on n aime la tunesie..on veux que nos droit !!!! je suis avec tout les voix qui dit non pour amour a notre paye… merci bien !!!!!

  • sami ben gharbia 5:19 am on April 23, 2006 Permalink | Reply
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    محنة عائلة السجين الشاب محجوب الزياني 

    flash

    بمناسبة مرور سنة على اعتقال الشاب محجوب الزياني،أصيل مدينة منزل بورقيبة، الموقوف على ذمة التحقيق بسجن 9 أفريل منذ يوم 23 أفريل 2005، ننشر نداء استغاثة شقيقه صابر الزياني الذي يروي فيه الظروف التي تم فيها اعتقال و استجواب الأخوين.

    محجوب الزياني تم عتقاله في نطاق الحملة التي شنتها السلطات التونسية على عدد من الشباب من رواد المساجد في منطقة بنزرت في بداية السنة الفارطة 2005 بمقتضى ما يسمى بقانون مكافحة الإرهاب المصادق عليه في سنة 2003.

    (More …)

     
  • sami ben gharbia 9:25 am on March 26, 2006 Permalink | Reply
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    Jeunesse tunisienne : la mal-vie dans la contrainte 

    audio

    Reportage de RFI diffusé le 18 et le 25 mars 2006
    (38:28 min.)

    Download (8.76 MB) podcast

    Reportage de Ados [Radio] Canada diffusé en mai 2001
    (23:09 min.)

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    • « Vivre caché, ne rien montrer, sauver les apparences pour ne pas avoir à subir les conséquences de ses actes. (…) »
    • «Cette jeunesse semble se désintéresser de l’avenir de son propre pays. Désintérêt qui viendrait selon certains observateurs de l’omniprésence, depuis 1987, de l’omnipotent président Ben Ali à la tête de la Tunisie »

    Entre ces deux remarques déplorables qui, respectivement, ouvrent et ferment un reportage sur les jeunes tunisiens diffusé récemment sur RFI, se profile le portait d’une jeunesse tunisienne déchirée et schizophrène. Bien que conscients des problèmes qui secouent leur pays, les jeunes, comme le souligne le sociologue tunisien Mahdi Mabrouk interrogé par Edouard Zambeaux« semblent être inscrits dans une logique de survie individuelle » où « l’immigration clandestine devient une solution parmi les solutions de débrouillage individuel. »

    On découvre que notre pays compte plus de 70.000 chômeurs hautement qualifiés qui ont un diplôme de bac + 2 ou bien bac + 4. Parmi eux il y en a plus de 2000 médecins chômeurs « dans un pays où la santé publique reste un soucis pour pas mal de gens. » « 270.000 jeunes fréquentent l’université chaque année. » Et « Plus de 90.000 jeunes font leur entrée sur un marché de travail incapable de leur fournir un boulot correspondant à leur qualification. » Dans de telles conditions « Le diplôme universitaire devient un facteur qui encourage les gens à migrer clandestinement» estime de sa part le sociologue Mehdi Mabrouk.

    Tandis que l’un des jeunes interviewés « espère qu’un nouveau régime vient avec des programmes pour établir une répartition équitable de la richesse avertissant d’ un avenir trop sombre. » L’autre pense « que l’Etat doit vraiment changer sa politique envers le citoyen. Car, dit-il : ici le citoyen est considéré comme un esclave, il doit obéir sinon il sera puni. Et les Tunisiens n’en veulent pas en parler car ils ont peur d’être dévoilés et connus par les autorités. »

    Une peur qui souvent frise la paranoïa. Paranoïa collective qui s’est emparée de la société estime quant à elle une jeune tunisienne qui nous apprend qu’ « il y a même des gens qui pour raconter certaines choses éteignent même leur portable parce qu’ils ont peur que leur portable soit sur écoute même quand il est fermé. » Bien que satisfaite de la stabilité de la Tunisie, elle reconnaît quand même qu’il est « bien d’être politiquement stable mais c’est pas bien d’être politiquement écrasé. Et pour finir sur un ton nonchalant elle ajoute : Moi je vis, je suis en sécurité, je m’en fous de la politique, je m’en fous éperdument. » Et même si elle admet qu’« il est possible de changer ça si tout le monde agit ensemble elle pointe cette peur [qui] freine tout ça. Car, dit-elle : on n’a pas confiance en nous-mêmes. Le Tunisien n’a pas confiance en l’autre Tunisien. Donc ils ne fonceront jamais. » Conclura-t-elle en utilisant un « ils » distant et très significatif de cette « logique de survie individuelle » évoquée par le sociologue Mehdi Mabrouk.

    Entre peur, tentation de fuite et débrouillardise individuelle, le régime a réussi à ériger un modèle de « société du loisir pour faire taire la démocratie. »

    Dans deux précédents reportages diffusés en mai 2001 sur Radio Canada (voir tableau), des jeunes lycéens tunisiens ont répondu à des questions touchant le sujet de la mal-vie et des libertés dans le pays. D’autres ont raconté au journaliste canadien Danny Braün « leur dégoût de la vie, leur dégoût de leur pays. »

    Dans tous ces reportages le constat est le même en dépit des 5 années qui se sont écoulées. Et loin des quartiers chics de la capitale où des jeunes issus des familles aisées exercent le sport du bowling dans les salles américanisées du Lac Palace, des jeunes défavorisés du quartier de La Goulette rêvent de partir, « le regard perdu entre les substances qu’ils consomment » : drogues et surtout des pilules destinées à des malades mentaux. Comme l’avoue l’un d’eux amérement et avec fatalisme.

    Une jeune lycéenne de 17 ans pense que le fait d’ « établir certaines limites dans la liberté d’expression est très important et même fondamental car selon elle la parole c’est bien, elle sert à s’exprimer, à communiquer, mais elle peut aussi faire beaucoup de dégâts. » Pour conclure sur un ton défaitiste « c’est quoi le but des grèves ? Qu’est-ce que ça va changer, ça va rien changer. Ça n’a pas de sens. Si on fait des grèves ou non ça va rien changer

    Une autre, qui n’était pas d’accord avec son amie a profité de l’occasion pour exprimer, malgré son jeune âge, un ferme sentiment de citoyenneté. « Je trouve que si on n’a pas de conscience, si on ne manifeste pas, c’est-à-dire qu’on n’a pas envi de donner son avis sur ce qui se passe et ça c’est très grave. Parce que si personne ne s’exprimait il n’y aurait pas d’évolution. »

    Ceux qui se sont exprimés dans ces reportages sont en quelque sorte représentatifs de la société tunisienne tant cette dernière a de multiples facettes sociales, économiques et culturelles. Il est évident que les jeunes de Tunis ne sont pas les mêmes qu’on retrouve dans le village el hkaima, à Mahdia, rencontrés par le journaliste néerlandais dans son documentaire époustouflant sur le phénomène d’al-harqa.

    À l’écoute de ces voix, je ne sais pas s’il y aura une évolution ou une régression. Déconnecté que je suis de la réalité tunisienne, je suis dans l’incapacité d’émettre le moindre avis ni de prédire quoi que ce soit. Et dans tous les cas de figure je suis loin de croire à cette explosion prévue par le docteur Moncef Marzouki dans le reportage de Radio Canada de 2001.

    P.S : J’ai pris le soin de réunir les 4 reportages (2 de RFI de 2006 et 2 de Radio Canada de 2001) en deux et de les convertir en mp3.

     
    • جُحَا.كُمْ 3:17 am on April 15, 2006 Permalink | Reply

      تحية

      بيان إلى أصحاب المُدوّنات العرب

      مع سلامي

      جُحَا.كُم

  • sami ben gharbia 3:19 am on May 8, 2003 Permalink | Reply
    Tags: , injustice,   

    Balade dans les coins obscurs de « La raison des Lumières ». 

    Une armée à la pointe des dernières innovations, qui maîtrise chaque millimètre du ciel et de la terre est-elle incapable de protéger le musée de Bagdad, d’empêcher le pillage des administrations et des établissements étatiques, d’épargner les centrales électriques, l’eau et les populations civiles ? Une armée aussi sophistiquée que celle des Etats-Unis, aux ordres d’une « administration impériale » est-elle incapable de faire respecter la loi ? Pourquoi donc a-t-elle laissé faire, saccager et piller ? Pourquoi avait-on eu l’impression qu’elle profitait des scènes de destruction, d’anarchie et de pillage passées en boucle, de Bagdad, par les chaînes de télévision du monde entier ?

    Le but de la guerre, celui affiché par les « alliés », d’amener une démocratie est-il réalisable dans ce pays lorsque ses trésors culturels, millénaires, lui sont dérobés, ses puits de pétrole razziés et sa population affamée et assoiffée ?

    Pour trouver des éléments de réponses à de telles questions difficiles, il est désormais impératif de creuser la raison du conquérant à la recherche de cette invariable logique qui caractérise son comportement à l’égard des peuples colonisés, non-occidentaux. La raison occidentale, tout au long de sa tumultueuse formation, avait construit une image de l’Autre et ce afin de valider moralement et idéologiquement les éventuelles barbaries et cruautés que perpétra ses conquérants, ses mercantiles et ses missionnaires dans les quatre coins du monde non-européen.

    Les plus brillants esprits occidentaux, même parmi ceux qui ont forgé « l’esprit des lumières » et ceux qui se disaient combattre pour la liberté, la justice et le droit, ont tous ou presque développé une vision égocentrique basée sur le principe de la supériorité de la race blanche. Nietzsche, Marx, Engels, Tocqueville, Pascal, Camus… etc. ont tous cru à une certaine mission civilisatrice, donc coloniale de l’homme blanc. Certains d’entre eux avaient soutenu les conquêtes coloniales, d’autres avaient déshumanisé les non-européens et d’autres encore avaient même appelé à ravager tout ce que « les indigènes » possédaient comme bien moraux et matériaux.

    Une simple balade à travers ce que plusieurs penseurs, politiciens et historiens avaient laissé permet de se faire une image sur les raisons de ce que Edward Said appelle : « l’incapacité de la conscience occidentale à remettre en cause le principe de la domination coloniale ».(1) L’humanisme occidental, du moins dans son côté officiel, n’est selon Sartre qu’une « idéologie menteuse, l’exquise justification du pillage ; ses tendresses et sa préciosité cautionnaient nos agressions. »(2) Toujours selon les termes de Sartre, cet humanisme n’est en fait qu’un «spectacle (…) le strip-tease de notre humanisme. »

    Déjà, le concepteur de la politique de domination, Machiavel, que le poète pakistanais, Mohammed Iqbal, qualifia de « messager de Satan »(3) avait théorisé qu’ « Un prince doit comprendre, s’il veut garder son pouvoir, qu’il lui faut souvent agir contre la foi, contre la charité, contre l’humanité et contre la religion »(4)

    Alexis de Tocqueville, l’auteur de La démocratie en Amérique, l’un des grands esprits de la démocratie-coloniale et vieux fan du modèle américain, avait déclaré, lors de sa visite de l’Algérie en 1841 : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit en dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objectifs de s’emparer des hommes ou des troupeaux. »(5) Tocqueville va plus loin dans son esprit « démocratique » lorsqu’il dit : « J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte mais que je n’approuve pas trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui se voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre. »(6) Malheureusement, le colon ne s’était pas limité seulement aux Arabes, tout non-Européen qui se dresse sur le chemin de la résistance au plan de l’hégémonie occidentale a été saccagé, toujours au nom d’une mission historique, et souvent divine de civilisation. Le besoin au recours à la barbarie a été toujours l’arme de l’Occident pour maintenir l’autre dans sa position de soumis. Et Nietzsche de dire : « On arrivera encore à découvrir quantité de ces succédanés de la guerre, mais peut-être, grâce à eux, se rendra-t-on de mieux en mieux compte qu’une humanité aussi supérieurement civilisée, et par suite aussi fatalement exténuée que celle des Européens d’aujourd’hui, a besoin non seulement de guerres, mais des plus grandes et des plus terribles qui soient (a besoin, donc, de rechutes momentanées dans la barbarie) pour éviter de se voir frustrée par les moyens de la civilisation de sa civilisation et de son existence même. » (7)

    Jules Ferry, l’un des concepteurs de la politique coloniale française et ardent défenseur de la colonisation de la Tunisie – la localité de Menzel Bourguiba, dans les environs de Bizerte, avait pris son nom, et devenu durant toute la durée du « protectorat » : Ferry-ville – avait déclaré, le 29 juillet 1885, dans son célèbre discours devant la chambre des députés : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le droit de civiliser les races inférieures. » (8) Lorsque les races supérieures réclament ce droit, celles jugées inférieures n’ont même pas le droit à l’existence. Dans son livre La pensée allemande dans le monde, Paul Rohrbach, responsable de l’immigration allemande en Afrique du Sud-Ouest écrivit en 1912 : «Qu’il s’agisse de peuples ou d’individus, des êtres qui ne produisent rien de valeur ne peuvent émettre aucune revendication au droit à l’existence. » (9) Les dommages collatéraux, dans des guerres, même actuelles, qui opposent l’Occident aux autres, découlent de cette même vision des choses. « Le droit à l’existence » des êtres non-européens est soustrait lorsqu’il contraste avec « Le droit de la guerre » de l’homme occidental.

    « Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également appliquer ses principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte » (10) affirma de sa part à la fin du 19e siècle, Heinrich von Treischke, expert en politique internationale. On a vu l’étendue de ce principe actuellement avec la crise de l’Irak. Le droit international n’a aucune valeur lorsqu’il s’agit des peuples « barbares ». Le centre de détention de Guantanamo n’est-il pas l’expression emblématique de cette disparité dans le traitement des prisonniers de guerre ! cette idée de deux poids deux mesures n’est-elle pas si ancrée dans la structure mentale des élites occidentales ! Tocqueville n’avait-il pas franchement déclaré qu’ «Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux. » (11)

    Aujourd’hui encore, en Irak de l’après Saddam, cette mission sacrée de l’occident, sous sa version américaine et britannique, est toujours de mise. « En voyant débarquer à Bagdad ce général Garner et son équipe de 450 administrateurs, on ne pouvait s’empêcher de penser que les Etats-Unis, en cette phase néo-impériale, repre

    naient à leur charge ce que Rudyard Kipling a appelé « le fardeau de l’homme blanc ». Ou ce que les grandes puissances, dès 1918, qualifiaient de « mission sacrée de civilisation » en direction des peuples incapables (…) » (12)

    Cette mission sacrée occidentale, celle qu’on nomme parfois de mission civilisatrice, d’autre de maintien de la paix, d’autre de démocratisation n’est-elle pas une de ces éternelles fourberies destinées à entretenir le mythe de la supériorité des valeurs et du model occidentale ! la supériorité n’est-elle pas dans le domaine de l’armement et de la violence ? Même le théoricien du Choc des civilisations, Huntington l’admet : « L’occident a vaincu le monde non parce que ses idées, ses valeurs, sa religion étaient supérieures (rares ont été les membres d’autres civilisations à se convertir) mais plutôt par sa supériorité à utiliser la violence organisée. Les Occidentaux l’oublient souvent, mais les non-Occidentaux jamais. »(13) Pourquoi alors cette nouvelle chanson sur la démocratisation du monde arabe ? Ecoutons notre cher Mohammed Talbi : « Monsieur Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères, me dit avec la superbe des convictions solidement établies que « la démocratie n’est pas du café instantané ». Je n’ai qu’à attendre ! Les Arabo-musulmans ne sont pas idiots au point de ne pas comprendre combien les gouvernants d’Occident les méprisent. » (14)

    Oui, ce que les gouvernants de l’Occident veulent réaliser ce n’est pas la démocratisation du monde arabe. C’est sa destruction. Ecoutons cette fois un des fameux de l’Irangate, Michael Ledeen lorsqu’il dit « La recherche de stabilité est indigne de l’Amérique. Notre pays est celui de la destruction créatrice. Nous ne voulons pas de stabilité en Iran, en Irak, en Syrie, au Liban, ni même en Arabie saoudite…La question est de savoir comment déstabiliser ces pays. Nous devons les détruire pour accomplir notre mission historique. » (15) Lorsque ce monsieur avait lancé cette phrase, il était difficile de savoir ce qu’il voulait dire par « pays ». S’agit-il du régime gouvernant le pays, le système politique, la population, la culture, la religion ou tout cela à la fois ? Mais, quand le musée de Bagdad avait été pillé, quand les bombes n’épargnaient pas les civils, quand on bombardait les centrales électriques et on privait d’eau les populations locales, sa phrase prenait son vrai sens.

    « La violence coloniale ne se donne pas seulement le but de tenir en respect ces hommes asservis, elle cherche à les déshumaniser. Rien ne sera ménagé pour liquider leurs traditions, pour substituer nos langues aux leurs, pour détruire leur culture sans leur donner la nôtre ; on les abrutira de fatigue »(16) disait Sartre dans sa préface aux Damnés de la terre de Fanon. C’est l’humanité de l’autre qui est toujours niée lorsqu’il s’agit de conserver les intérêts économiques et politiques de « l’homme blanc ». La représentation dégradante de l’Autre a permis à l’Occident de bien jouer son rôle dans le spectacle de son « strip-tease humaniste ». Sinon qu’est-ce qui a rendu possible de tels crimes contre l’humanité ? Cette constante contradiction de l’Occident officiel, celui des Etats, entre ses principes universels de libertés, de justice et de respects de la dignité humaine et son intolérable et infâme soutien aux dictateurs du monde arabe n’est-elle pas le fruit de cette vision du monde, ancrée dans l’inconscient « blanc », celle qu’on appelle actuellement avec un raccourci aussi faussaire qu’insultant : « Deux poids, deux mesures » ?

    Sihem Ben Serine avait-elle raison de dire : « Notre tentative de construire la démocratie doit s’appuyer sur votre [celui des occidentaux] modèle en vous considérant comme des exemples à suivre. »(17) Est-il sage d’être ce perpétuel bon élève de l’Occident en matière de projet politique ? Surtout lorsqu’on sait comment ont été fabriqués ces élèves. Rappelons-le pour ceux qui ont oublié l’historique de nos élites : « L’élite européenne entreprit de fabriquer un indigénat d’élite ; on sélectionnait des adolescents, on leur marquait sur le front, au fer rouge, les principes de la culture occidentale, on leur fourrait dans la bouche des bâillons sonores, grands mots pâteux qui collaient aux dents ; après un bref séjour en métropole, on les renvoyait chez eux, truqués. Ces mensonges vivants n’avaient plus rien à dire à leurs frères ; ils résonnaient ; de Paris, de Londres, d’Amsterdam nous lancions des mots « Parthénon ! Fraternité ! » et, quelque part en Afrique, en Asie, des lèvres s’ouvraient : «…thénon ! …nité ! » C’était l’âge d’or. » (18) L’objectif de cette élite, comme celle qui nous gouverne en Tunisie et ailleurs, mais aussi comme certaines voix de l’opposition, n’est pas la démocratisation du monde arabo-musulman, mais la continuation du pillage par d’autres moyens. « Le meilleur et le plus intelligent moyen d’ouvrir les marchés consistait à créer sur place une élite occidentalisée, assujettie au progrès économique et indifférente à ses conséquences sur la vie de ses compatriotes (…) Ces élites doivent, bien entendu, être armées, de façon à pouvoir imposer un type de développement qui, par nécessité, entraîne l’expropriation ou l’appauvrissement de la plupart des citoyens. Cela est resté l’un des buts principaux des programmes actuels d’aide : les deux tiers de l’aide que les Etats-Unis octroient aux pays du Sud concernent l’assistance en matière de sécurité, et comprennent notamment un entraînement militaire et des transferts d’armes. » (19)

    Une politique occidentale se basant sur une imagination militaire et un projet policier n’est pas digne d’être prise comme exemple à suivre. Quand est-ce que notre élite va comprendre qu’il vaut mieux s’adresser à la jeunesse tunisienne avec des mots simples non pompeux que de passer le reste de sa vie en invité des émissions télévisé pour traiter, entre deux séances publicitaires, de ce show inlassable qu’on nomme démocratie ou le « strip-tease humaniste ».

    Notes :

    1- « Alors arriva le messager de Satan / Le Florentin qui chérissait l’erreur / Et dont le collyre détruisit la vision des hommes. / Il écrivit un Traité pour les princes / Et ainsi sema dans notre argile la graine des conflits ; / Sa nature sombra dans les ténèbres, / Et sa plume, telle un glaive, coupa en morceaux la vérité. » Mohammed Iqbal, Les Mystères du Non-Moi ( Rumuz-e-Bikhudi), traduction du persan Djamchid Mortazavi et Eva de Vitray-Meyerovitch, Albin Michel, Paris,1989, p. 122.

    2- Jean-Paul Sartre, Préface aux Damnés de la terre, de Frantz Fanon, Paris, éditions Maspero, 1961.

    3- Voir, Edward Said, l’Orientalisme, Editions du Seuil, Paris 1980.

    4- Machiavel, Le Prince, Le livre de poche, Paris, 1980, p.93.

    5- Alexis de Tocqueville, Travail sur l’Algérie. in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1991, p 752 cité in « Quand Tocqueville légitimait les boucheries », Par Olivier Le Cour Grandmaison, Le Monde diplomatique, juin 2001.

    6- Ibid.

    7- Humain. Trop humain, F. Nietzsche, Editions Gallimard, 1987, p.341.

    8- Inventer une mémoire commune, Alain Gresh, Manière de voir n°58.

    9- Ibid.

    10- Ibid.

    11- Alexis de Tocqueville, Ibid.

    12- Néo-impérialisme, Ignacio Ramonet, Le Monde diplomatique, mai 2003.

    13- Samuel P. Huntington, Le Choc des civilisations, éditions Odile Jacob, 1997 p.50.

    14- « Ben Laden : par lui-même, il n’est rien ! », Mohamed Talbi, Jeune Afrique l’Intelligent, numéro 2136, du 18 décembre 2001.

    15- « L’ordre américain coûte que coûte », par Ibrahim Warde, Le Monde diplomatique, avril 2003.

    16- Jean

    -Paul Sartre, Ibid.

    17- Démocraties à temps partiel, La restriction des droits en Occident joue en faveurs des dictateurs, par Francesco Piccionni, Il Manifesto, 22 novembre 2001, traduit par Omar Khayyâm, « Tunisie, réveille-toi » 30 avril 2003.

    18- Jean-Paul Sartre, Ibid.

    19- Edward Goldsmith, « Seconde jeunesse pour les comptoirs coloniaux », Manière de Voir n.58.

     
    • Bruno Drweski 11:56 am on December 28, 2006 Permalink | Reply

      Ce que vous dites ici est fort intéressant. Deux remarques toutefois. Macchiavel n’a jamais eu les opinions “macchiavéliques” qu’on lui prête, il n’a fait qu’analyser et expliquer les comportements “macchiavéliques” qu’il avait en horreur pour en avoir été témoin. Son livre est un “précis de cynisme politique” visant à expliquer le phénomène et à en éveiller l’horreur.
      Pour ce qui est de Marx, il a certes commencé ses réflexions en considérant comme tous “ses voisins” avec eurocentrisme le caractère “simplement” progressiste de la colonisation, pour, avec le temps, comprendre que ce progrès, “technique”, avait des conséquences assez largement désastreuses, ce qui ressort de ses écrits tardifs, et, plus “intimement”, d’une de ses lettre d’Alger à sa fille où, peu avant de mourir, il manifeste son admiration devant l’égalitarisme de la société musulmane et le souhait à peine camouflé que les musulmans gagnent le combat “contre les infidèles” …pourvu qu’ils arrivent à créer un parti révolutionnaire.

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