Tagged: jeunesse Toggle Comment Threads | Keyboard Shortcuts

  • sami ben gharbia 10:04 pm on June 8, 2008 Permalink | Reply
    Tags: , , , jeunesse, ,   

    بالأحمر كفناه 

    بالأحمر كفناه

    بمناسبة يوم التدوينة الحمراء تضامنا مع أهالينا بمناطق الحوض المنجمي.

    معذرة لصاحب هذه الصورة الجميلة التي وجدتها على محرك بحث غوغل. معذرة أيضا على إضافة دمعة من أجل تونس في عين هذا الشاب.

     
  • sami ben gharbia 6:52 am on October 26, 2006 Permalink | Reply
    Tags: , jeunesse, Traduction,   

    الحرقة 

    video

    al-harga

    ترجمة من الهولندية بتصرف: سامي بن غربية

    المصدر: برنامج ” الإضاءة الخلفية “: الصورة، قصة لاجئ إقتصادي

    شاهد الشريط (ج1) (ج2)

    هذا الشريط الوثائقي باللغة الهولندية. و تتخلله مقتطفات بالإيطالية و أخرى، أطول، بالعربية (اللهجة التونسية)

    في 22 سبتمبر 2002 غادر شواطئ مدينة المنستير التونسية قارب في اتجاه إيطاليا كان على متنه 70 مهاجرا تونسيا. قبال قرية سكوجلياتي (Scoglitti) و على بعد 300 مترا من الشواطئ الجنوبية لجزيرة صقلية أجبر القبطان الركاب على مغادرة القارب والسباحة إلى الشاطئ. مما تسبب في غرق اربعة عشر شابا تونسيا. و على إثر هذا الحادث المريع قامت العديد من الصحف العالمية بنشر صورة يظهر فيها رجل وامرأة وهما يحاولان إنعاش أحد الضحايا الذي غرق على بعد 150 مترا من شواطئ “الأرض الموعودة”.

    من هو هذا الشاب و لماذا خاطر بنفسه ؟ هل كانت هذه محاولته الأولى لل”الحرقة” [1] ؟ و كيف كانت ظروف حياته في بلاده؟

    رحلة الإجابة على هذه الاسئلة إنطلقت من صقلية مع الصحفي فرنكو أسّنزا (Franco Assenza) الذي التقط الصورة. مرورا بالرجل الإيطالي الذي حاول نجدة الغريق، جابت الرحلة عالم التونسيين المقيمين في صقلية لتـُفضي بعد ذلك إلى العــمّ الذي كان في انتظار أبن أخيه الغريق.

    برنامج ” الإضاءة الخلفية ” (Tegenlicht) التابع للتلفزة الهولندية (VPRO) قام بزيارة بعض الناجين من الغرق،و المقيمين بشكل غير شرعي في الريف الإيطالي.

    و بعد رحلة جابت عدد من العائلات التونسية تمكن فريق البرنامج من مقابلة أم الغريق القاطنة بقرية الحكيمة، الكائنة في منطقة ريفية نائية من ولاية المهدية، أين أخذت القصة منعرجا لم يكن متوقعا.

    راجع أيضا:(al-Harga) بالفرنسية

    الحرقة- الجزء الأوّل(49:04 دقيقية)
    Dailymotion blogged video

    الحرقة- الجزء الثاني(47:49 دقيقية)

    Dailymotion blogged video

    [1] الكلمة دارجة الإستعمال في بلدان المغرب العربي، و هي مشتقة من عملية حرق أوراق الهوية التي يقوم بها “الحارقون” أملا في اكتساب هوية جديدة في المهجر.

     
    • Ali 3:13 am on October 28, 2006 Permalink | Reply

      merci sami pour la video, excellent travail fait par les Hollandais, dommage que je ne comprends rien de ce qu’ils disent, l’italien OK

    • samsoum 2:39 pm on October 31, 2006 Permalink | Reply

      [off topic]

      Sami, j’ai vu ton comment sur mon blog a propos de tuniblogs.com. Je n’en suis pas l’administrateur, j’ai trouve le lien par hasard et je l’ai poste en demandant qui est ce qui en etait responsable. Est ce que tu as ajoute ton blog et il a ete refuse??

    • Sami Ben Gharbia 3:06 pm on October 31, 2006 Permalink | Reply

      Je sais très bien que c’est pas le tien et que Tarek en est l’admin. Je n’ai jamais soupçonné ton honnête . J’ai attendu une réponse de Tarek, sur ton blog, et quand il n’a pas répondu et quand j’ai remarqué qu’aucun des blogs étiquetés « dissidents » ou politiques ne figurait sur le nouvel agrégateur, j’ai su qu’il vont suivre la même politique que tn-blog : éviter de « se compromettre » avec le régime.

      Non, je ne vais pas commettre la même gaffe en lui demandant d’indexer mon blog. Et c’est pour ça que j’ai voulu avoir une réponse avant.

      Je ne sais pas pourquoi ils ne mettent pas un « à propos» ou un « about » et préciser les critères d’agrégation. Comme ça, si on débarque sur leur site en comprend de quoi il s’agit et si on est ou non le bienvenu. Et je ne suis pas le seul à dénoncer cette attitude opaque et cette volonté d’entretenir le silence.

      Sinon, si tu juges que mon post sur ton blog peut induire les gens en erreur, je te prie de l’enlever ou de le corriger en ajoutant au début : @ Tarek

    • samsoum 6:58 pm on October 31, 2006 Permalink | Reply

      Sami, c’etait tout juste au cas ou tu aurais cru que c’etait moi, c’est clair maintenant:-)

      Sinon, pour la harga, la premiere fois que j’ai vu des photos c’etait un montage sur fond sonore de “yababour” sur http://cosmauxpolis.blogspot.com/2006/09/cosmauxpolis-hebdo-2-drame-de.html.

      Cette video nous crache la realite en face et montre a quel point la detresse pousse nos jeunes du maghreb et l’afrique vers la mort. Le risque pris, en dit beaucoup sur leur condition de vie.

    • Larbi 5:00 am on November 1, 2006 Permalink | Reply

      Sami

      Ce sujet me tient à cœur. Je viens d’une ville du Maroc qui s’appelle Khouribga et qui a fournit de gros bataillons de victimes de l‘immigration clandestine.

      On appelait ça les « paterras », les jeunes payent des passeurs pour les faire traverser clandestinement la méditerranée. Beaucoup l’ont payé par leurs vies. Pendant des années ont repêchait quotidiennement les corps sur la méditerranée.

      Quand je reviens à ma ville et je cherche des infos sur mes amis d’enfances je découvre à chaque fois que quelqu’un n’est plus dans ce monde car il a essayé de fuir le désespoir et la pauvreté.

      Dernièrement tout cela semble s’arrêter, l’Espagne s’est équipé des moyens sophistiqués pour détecter les fameuses paterras. Sauf que maintenant aux immigrés du Maroc se sont substitué les immigrés de l’afrique sub-saharienne.

      Des écrivains marocains ont écrit des livres poignants sur le sujet, je cite notamment :

      – Cannibales , de Mahi Binebine :

      http://www.bibliomonde.com/pages/fiche-livre.php3?id_ouvrage=85

      – Les Clandestins de Youssouf Amine Elalamy :

      http://www.bibliomonde.com/pages/fiche-livre.php3?id_ouvrage=471

    • Nasnoussa 1:08 pm on November 1, 2006 Permalink | Reply

      Si tu savais a quel point je t’estime Sami pour tout le travail que tu fais…

    • Sami Ben Gharbia 2:37 am on November 2, 2006 Permalink | Reply

      @Nasnoussa

      Merci Nasnoussa, tu ne sais pas à quel point cela me touche d’entendre ça d’une personne comme toi.

      @ Larbi

      Oui, les pateras, j’en ai parlé aussi dans mon récit de voyage Borj Erroumi XL :

      http://www.kitab.nl/borj-erroumi-xl/epine1/epine3/#footnote-link-1-74

      J’ai rencontré les candidats à la harqa africains avant qu’ils n’arrivaient au Maroc et autres pays du Maghreb. Ils devaient avant faire un autres voyage, plus dangereux : traverser le Grand Désert qui nous sépare des pays du Sahel et remonter vers le Nord dans une traversé qui dure parfois des mois et où des dizaines trouvent la mort. Avant la méditerranée, c’est au Sahara que les premières victimes de ce voyage vers le « paradis européen » périssent. Malheureusement cette première étape du voyage n’est pas médiatisée comme la finale : vers l’Europe.

      J’ai fait cette traversée du Sahara dans le sens inverse, fuyant la Tunisie, puis la Libye vers le Niger.

      @ samsoum

      merci pour le lien de la vidéo

    • Algy 6:53 am on November 16, 2006 Permalink | Reply

      Bonjour Sami

      J’ai traité du problème de l’immigration clandestine dans plusieurs posts.

      Mon dernier: Le Maghreb et les présidentielles 2007 : nouvelles attentes. Il devrait sauter aux yeux des politiques, et en particulier aux candidats à la présidentielle que les relations avec le Maghreb (pour ne pas dire l’Afrique) devraient faire partie des dossiers clés, que cela s’inscrive dans des relations bilatérales ou dans le cadre d’un approfondissement du processus de Barcelone (Partenariat EuroMed). Parmi les préoccupations majeures devraient figurer : la question de la corruption, des droits de l’homme, de la liberté d’expression, de la montée de l’islamisme radical, et bien évidemment le problème central de l’immigration clandestine.

      voici aussi le lien pour mes posts sur le même sujet

      http://cosmauxpolis.blogspot.com/search?q=harka

    • alli 3:20 pm on November 16, 2006 Permalink | Reply

      Guys

      with regards to the palestinian wall (on ur blog Algy), you should watch the movie called ‘The Wall’ directed by Simone Bitton who is herself a Jewish-Morrocan . It is a haunting protrait of one of the most pofound geographical marker of our time . to see a video on the subject go to the below link

      http://video.google.com/videoplay?docid=-3913278874048571867

      no comment !!!

  • sami ben gharbia 7:58 pm on April 25, 2006 Permalink | Reply
    Tags: jeunesse, ,   

    Le mp3 des jeunes du Kef 

    function openpopup4(){

    var popdeux=”/tunisianprisonersmap/mp3_kef.html”;

    winpops=window.open(popdeux,””,”width=170,height=269,”);

    }

    The case of the Youth of Kef condemned for downloading an mp3 (See the flash animation of the song) of a HipHop song criticizing the brutality of the Tunisian police service (more info here) .

    flash

    Je ne sais pas si ça vous laisse indifférents ; personnellement la nouvelle de la condamnation des majeurs (les mineures ayant étaient libérés), parmi les jeunes tunisiens (de la ville du Kef) accusés d’avoir échanger un MP3 d’une chanson Rap/HipHop critique à l’égard de la police pour ses agressions et ses atteintes aux droits et libertés, m’a profondément attristé. La manière avec laquelle le régime tunisien réprime la jeunesse et œuvre à « réguler » leur rapport tant soit peu « rebelle » avec les nouvelles technologies – hier c’était la navigation sur des sites Web interdits, aujourd’hui c’est d’écouter et/ou d’échanger des chanson contestataires sur des baladeurs MP3- démontre sa furieuse volonté de tout assujettir et de ne rien laisser échapper à sa mainmise oppressive sur la société.

    Conscients que nous sommes des conséquences, morales et physiques, fatales que pourrait causer l’incarcération sur ces jeunes, il est de notre devoir de militer, de quelque manière que ce soit, afin de les libérer des horreurs de cette expérience de prison.

    Rappel des condamnations :

    • Abdelhamid Labidi a été condamné à quatre mois d’emprisonnement ferme avec exécution immédiate. Il est à la prison du Kef.
    • Mohammed Aïdi a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme avec éxécution immédiate. Il est à la prison du Kef.
    • Zyad Hannachi a été condamné à trois mois d’emprisonnement ferme avec exécution immédiate. il est à la prison du Kef.
    • Mohammed Ouannafi a été condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis.

    (More …)

     
    • Nasnoussa 5:41 am on April 27, 2006 Permalink | Reply

      Merci Sami. Ou allons nous? 😦

    • Sami Ben Gharbia 6:37 am on April 27, 2006 Permalink | Reply

      Si l’affaire est attristante on reste tous responsables puisqu’on laisse le régime faire comme si le pays était une propriété privée.

      Il faut parler de ce cas, sensibiliser, Spread The News, comme disent les activistes anglophones.

    • 7ammadi 8:16 am on May 27, 2006 Permalink | Reply

      c’est vraiment la honte.

    • mohamed 7:15 pm on August 26, 2006 Permalink | Reply

      bravo les kefois bravo tts qui est contre je suis kefois je vivre a l´australie j´ai ecouté mp3 et j´ai envoyé le site

      bravo

      rajel min tounes

    • elkefbarchafakr 7:24 pm on August 26, 2006 Permalink | Reply

      ahna fi elkef w fi tounes elkol echorta heya elkol boulissi inejem yamil kif yhib howa andou hak inhichou fi bled elboulisya w dictatoaria..

      ben annine

      elkef

    • Houcine El Annabi 11:35 pm on September 25, 2007 Permalink | Reply

      C`est tres beau et courageux de la part des courageux KEFFOIS de defier le pouvoir pourrit du regime dictatorial en chantant avec un bel accent qui vient de l`autre cote de la frontiere”d`ALGERIE” bien sur.

      Il faut tenir bon par tous les moyens,viendras le jour……………..tout changeras et cela grace a des hommes

      comme les Keffois.Tunisiens de bonne fois unissons nous contre les vampires qui sussent le sang de notre chere Tunisie.

      Oban.Great Britain.

    • karim 1:52 am on October 31, 2007 Permalink | Reply

      essaber j etais au prison 2 fois a cause de ses 3attaya bledd hlouwaaa helkouhaaaaaaaaa allaghalebbbbbbbbbbb essaber louledddddddddd et c zest pour ca errdhina belghorba et bo33d el waldinn wlaa police tounessss essaber rabi fi el woujouddddddddddd

    • karim 1:54 am on October 31, 2007 Permalink | Reply

      bravo keffoisssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss bravooooooo

    • mp3 7:47 pm on November 26, 2007 Permalink | Reply

      you cool guy!!!

    • Hoodia Gordonii 12:40 pm on February 19, 2008 Permalink | Reply

      Nothing can stop me by posting these comments.

    • MUSIQUE 10:30 am on May 31, 2008 Permalink | Reply

      Il est temps que cela cesse cette répression

  • sami ben gharbia 5:19 am on April 23, 2006 Permalink | Reply
    Tags: , , , , jeunesse, ,   

    محنة عائلة السجين الشاب محجوب الزياني 

    flash

    بمناسبة مرور سنة على اعتقال الشاب محجوب الزياني،أصيل مدينة منزل بورقيبة، الموقوف على ذمة التحقيق بسجن 9 أفريل منذ يوم 23 أفريل 2005، ننشر نداء استغاثة شقيقه صابر الزياني الذي يروي فيه الظروف التي تم فيها اعتقال و استجواب الأخوين.

    محجوب الزياني تم عتقاله في نطاق الحملة التي شنتها السلطات التونسية على عدد من الشباب من رواد المساجد في منطقة بنزرت في بداية السنة الفارطة 2005 بمقتضى ما يسمى بقانون مكافحة الإرهاب المصادق عليه في سنة 2003.

    (More …)

     
  • sami ben gharbia 9:25 am on March 26, 2006 Permalink | Reply
    Tags: , jeunesse,   

    Jeunesse tunisienne : la mal-vie dans la contrainte 

    audio

    Reportage de RFI diffusé le 18 et le 25 mars 2006
    (38:28 min.)

    Download (8.76 MB) podcast

    Reportage de Ados [Radio] Canada diffusé en mai 2001
    (23:09 min.)

    Download (5.28 MB) podcast

    • « Vivre caché, ne rien montrer, sauver les apparences pour ne pas avoir à subir les conséquences de ses actes. (…) »
    • «Cette jeunesse semble se désintéresser de l’avenir de son propre pays. Désintérêt qui viendrait selon certains observateurs de l’omniprésence, depuis 1987, de l’omnipotent président Ben Ali à la tête de la Tunisie »

    Entre ces deux remarques déplorables qui, respectivement, ouvrent et ferment un reportage sur les jeunes tunisiens diffusé récemment sur RFI, se profile le portait d’une jeunesse tunisienne déchirée et schizophrène. Bien que conscients des problèmes qui secouent leur pays, les jeunes, comme le souligne le sociologue tunisien Mahdi Mabrouk interrogé par Edouard Zambeaux« semblent être inscrits dans une logique de survie individuelle » où « l’immigration clandestine devient une solution parmi les solutions de débrouillage individuel. »

    On découvre que notre pays compte plus de 70.000 chômeurs hautement qualifiés qui ont un diplôme de bac + 2 ou bien bac + 4. Parmi eux il y en a plus de 2000 médecins chômeurs « dans un pays où la santé publique reste un soucis pour pas mal de gens. » « 270.000 jeunes fréquentent l’université chaque année. » Et « Plus de 90.000 jeunes font leur entrée sur un marché de travail incapable de leur fournir un boulot correspondant à leur qualification. » Dans de telles conditions « Le diplôme universitaire devient un facteur qui encourage les gens à migrer clandestinement» estime de sa part le sociologue Mehdi Mabrouk.

    Tandis que l’un des jeunes interviewés « espère qu’un nouveau régime vient avec des programmes pour établir une répartition équitable de la richesse avertissant d’ un avenir trop sombre. » L’autre pense « que l’Etat doit vraiment changer sa politique envers le citoyen. Car, dit-il : ici le citoyen est considéré comme un esclave, il doit obéir sinon il sera puni. Et les Tunisiens n’en veulent pas en parler car ils ont peur d’être dévoilés et connus par les autorités. »

    Une peur qui souvent frise la paranoïa. Paranoïa collective qui s’est emparée de la société estime quant à elle une jeune tunisienne qui nous apprend qu’ « il y a même des gens qui pour raconter certaines choses éteignent même leur portable parce qu’ils ont peur que leur portable soit sur écoute même quand il est fermé. » Bien que satisfaite de la stabilité de la Tunisie, elle reconnaît quand même qu’il est « bien d’être politiquement stable mais c’est pas bien d’être politiquement écrasé. Et pour finir sur un ton nonchalant elle ajoute : Moi je vis, je suis en sécurité, je m’en fous de la politique, je m’en fous éperdument. » Et même si elle admet qu’« il est possible de changer ça si tout le monde agit ensemble elle pointe cette peur [qui] freine tout ça. Car, dit-elle : on n’a pas confiance en nous-mêmes. Le Tunisien n’a pas confiance en l’autre Tunisien. Donc ils ne fonceront jamais. » Conclura-t-elle en utilisant un « ils » distant et très significatif de cette « logique de survie individuelle » évoquée par le sociologue Mehdi Mabrouk.

    Entre peur, tentation de fuite et débrouillardise individuelle, le régime a réussi à ériger un modèle de « société du loisir pour faire taire la démocratie. »

    Dans deux précédents reportages diffusés en mai 2001 sur Radio Canada (voir tableau), des jeunes lycéens tunisiens ont répondu à des questions touchant le sujet de la mal-vie et des libertés dans le pays. D’autres ont raconté au journaliste canadien Danny Braün « leur dégoût de la vie, leur dégoût de leur pays. »

    Dans tous ces reportages le constat est le même en dépit des 5 années qui se sont écoulées. Et loin des quartiers chics de la capitale où des jeunes issus des familles aisées exercent le sport du bowling dans les salles américanisées du Lac Palace, des jeunes défavorisés du quartier de La Goulette rêvent de partir, « le regard perdu entre les substances qu’ils consomment » : drogues et surtout des pilules destinées à des malades mentaux. Comme l’avoue l’un d’eux amérement et avec fatalisme.

    Une jeune lycéenne de 17 ans pense que le fait d’ « établir certaines limites dans la liberté d’expression est très important et même fondamental car selon elle la parole c’est bien, elle sert à s’exprimer, à communiquer, mais elle peut aussi faire beaucoup de dégâts. » Pour conclure sur un ton défaitiste « c’est quoi le but des grèves ? Qu’est-ce que ça va changer, ça va rien changer. Ça n’a pas de sens. Si on fait des grèves ou non ça va rien changer

    Une autre, qui n’était pas d’accord avec son amie a profité de l’occasion pour exprimer, malgré son jeune âge, un ferme sentiment de citoyenneté. « Je trouve que si on n’a pas de conscience, si on ne manifeste pas, c’est-à-dire qu’on n’a pas envi de donner son avis sur ce qui se passe et ça c’est très grave. Parce que si personne ne s’exprimait il n’y aurait pas d’évolution. »

    Ceux qui se sont exprimés dans ces reportages sont en quelque sorte représentatifs de la société tunisienne tant cette dernière a de multiples facettes sociales, économiques et culturelles. Il est évident que les jeunes de Tunis ne sont pas les mêmes qu’on retrouve dans le village el hkaima, à Mahdia, rencontrés par le journaliste néerlandais dans son documentaire époustouflant sur le phénomène d’al-harqa.

    À l’écoute de ces voix, je ne sais pas s’il y aura une évolution ou une régression. Déconnecté que je suis de la réalité tunisienne, je suis dans l’incapacité d’émettre le moindre avis ni de prédire quoi que ce soit. Et dans tous les cas de figure je suis loin de croire à cette explosion prévue par le docteur Moncef Marzouki dans le reportage de Radio Canada de 2001.

    P.S : J’ai pris le soin de réunir les 4 reportages (2 de RFI de 2006 et 2 de Radio Canada de 2001) en deux et de les convertir en mp3.

     
    • جُحَا.كُمْ 3:17 am on April 15, 2006 Permalink | Reply

      تحية

      بيان إلى أصحاب المُدوّنات العرب

      مع سلامي

      جُحَا.كُم

  • sami ben gharbia 10:55 am on July 6, 2005 Permalink | Reply
    Tags: jeunesse,   

    al-Harga 

    video

    al-harga

    À l’origine était une photo du photographe italien Franco Assenza qui a fait la une des journaux du Monde. Deux personnes essayant de réanimer un jeune noyé qui s’est échoué sur les côtes du village sicilien Scoglitti. Le journaliste néerlandais Roel van Broekhoven avec l’interprète Tunisien Fathi Mourali ont voulu remonter à la source. Qui était ce jeune homme ? D’où avait-il débarqué avant de trouver la mort en Sicile ? Que pensent les membres de sa famille, ses voisins et ses amis de cette fin tragique ? Et enfin, pourquoi avait-il choisi le dangereux chemin de la Harqa ? Que fuyait-il en fait ?

    Le jeune homme était Tunisien. Et c’était à el hkaima, un village de Mahdia, que le journaliste avait commencé son investigation. Le village avait perdu alors 4 jeunes dans le naufrage d’une barque au large des côtes siciliennes durant le mois de septembre 2002. A l’aune des ses rencontres et entretiens avec les jeunes du village, les vieux, les familles touchées par le drame, le vrai visage de la Tunisie profonde, une Tunisie saccagée par une crise socio-économique profonde, commence à se fier lentement à la caméra. Les gens osaient aborder des sujets tabous : le chômage, l’absence des libertés, les politiques économiques désastreuses, le poids des dettes et les horizons bouchés. Une réalité que les médias tunisiens n’osent aborder de peur de toucher aux racines de la crise que le mensonge du modèle tunisien oeuvre à enterrer avec les cadavres des jeunes tunisiens rapatriés.

    Loin de l’élite et de son langage, ce documentaire donne la parole au peuple, aux jeunes chômeurs rêvant d’une vie meilleure en Europe, faute de la trouver chez eux, aux vieillards n’ayant plus la force de travailler ni de subvenir aux besoins de leur famille et qui comprennent la fuite suicidaire de leurs enfants, aux villages qui se vidaient des hommes et de la jeunesse, toute ou presque candidate à al-harqa laissant derrière un paysage peuplé de femmes, de veuves, d’enfants et de vieillards. C’est cette Tunisie que nous rencontrons dans chaque instant de ce documentaire poignant que le journaliste pénètre avec ses questions embarrassantes et sa caméra indiscrète. Et les réponses étaient là, plus qu’explosives, elles défient la censure et le silence officiel : des jeunes décidés à prendre la mer et des parents résignés à un sort qui parait inévitable.

    Download (21MB) : video

     
c
Compose new post
j
Next post/Next comment
k
Previous post/Previous comment
r
Reply
e
Edit
o
Show/Hide comments
t
Go to top
l
Go to login
h
Show/Hide help
shift + esc
Cancel