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  • sami ben gharbia 7:46 pm on October 31, 2009 Permalink | Reply
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    Elections Tunisiennes : Le Saviez-Vous ? 

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    Un peu d’humour avec quelques faits drôles sur les élections Tunisiennes de 2009 :

    • Parmi les 5.2 millions d’électeurs tunisiens, 3.8 millions sont des adhérents au parti du Président ben Ali, L’Etat-RCD, au pouvoir depuis l’indépendance de la Tunisie en 1956 (PSD puis RCD).
    • Le RCD est le plus grand parti politique au monde, avec 3.8 millions d’adhérents il constitue plus que 36.59% de la population tunisienne (estimée à 10,383,577 en juillet 2008).
    • Le RCD est de ce fait plus grand que le pauvre Parti Communiste Chinois qui, avec ses 70 millions de membres, ne représente que 5.5% de la population Chinoise.
    • Le coût de la campagne électorale du RCD est estimé à plus de 20 millions d’euros. Avec un tel budget la Tunisie a raté une occasion historique de créer plus de 3000 nouveaux emplois et plus de 2.000 barques pour migrants “clandestins” à exporter vers l’Italie et la France et rendre ainsi un vibrant hommage et à Silvio Berlusconi, pour son soutien continu à la mafia tunisienne, et à Nicolas Sarkozy pour son projet d’Union pour la Méditerranée.
    • Avec un score pas assez triomphal de 89,62%, Ben Ali est placé 4ème dans le Top10 des dictateurs les mieux élus au monde de l’année 2009. Le 1er étant Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Guinée Equatoriale (97,1%), 2e – Noursoultan Nazarbaïev, Kazakhstan: (91%), 3e – Abdelaziz Bouteflika, Algérie: (90,24%).
    • Il parait que c’est le même processus et logiciel de comptage des votes qu’on est en train d’utiliser dans toute l’Afrique et le monde Arabe. Un jour et par erreur, Ben Ali risquerait d’être élu à 99.99% au Gabon et AbdelAziz Bouteflika à 90,24% en Egypte.
    • Avec un taux de participation aux élections présidentielle et législatives de 89,45%, contre 91,40% en 2004, la Tunisie garde son titre de championne du monde en démocratie. Même les démocraties établies, comme la France ou les États-Unis d’Amérique, ne peuvent prétendre à ce titre.
    • En dépit de l’amendement constitutionnel de 2009 relatif à l’abaissement de l’âge minimum du vote de 20 à 18 ans, plus de 2.5 millions de Tunisiens, majeurs et vaccinés, ont été exclus de ce droit de vote.
    • Mohamed Bouchiha, le candidat du PUP (Parti de l’Unité Populaire, social-démocrate proche du pouvoir) a appelé à voter pour Ben Ali, et a obtenu 5,01% des suffrages. Son homologue, Ahmed Inoubli de l’UDU (Union Démocratique Unioniste, proche du pouvoir) a lui aussi appelé à voter pour Ben Ali et a obtenu 3,80% des votes. Imaginez leurs scores s’ils avaient appelé à voter pour eux-mêmes !?
    • Ben Ali n’est pas descendu sous la barre des 90%, comme on le prétend, vous voulez une preuve : Bouchiha et Noubli, les deux prétendants qui se sont présentés contre Ben Ali tout en appelant à voter pour lui, ont eu 5.01% et 3.80% : les vrais résultats sont donc de : 98.43% pour Ben Ali, et 1.57% pour Brahim.
    • Dans son message -illégal, puisqu’un candidat n’a pas le droit de s’adresser à la nation à la vielle des élections- transmis quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote, Ben Ali, tout en menaçant “toute personne qui émettra des accusations ou des doutes concernant l’intégrité de l’opération électorale, sans fournir de preuves concrètes” ose parler de patriotisme fustigeant, selon ses dires, “une minorité infime de Tunisiens [qui] incitent à faire campagne contre leur propre pays…[qui ] n’ont pas respecté le caractère sacro-saint de la patrie“. Ben Ali a peut-être oublié que sa fortune, 5 milliards de dollars, et celle des Trabelsi est gardée dans des banques étrangères au détriment de la Tunisie.
    • A l’occasion des élections tunisiennes, Karoui&Karoui Interactive, spécialisée dans la création, l’implémentation et la gestion de solutions interactives pour …. les marques de grande consommation, nous a pondu un clip très “patriotique” destiné exclusivement à la consommation de masse. Pourtant, Nébil Karoui prétendait vouloir “faire bouger les lignes” et d’ajouter : “Malheureusement, ici en Tunisie l’autocensure existe. Il faut lui résister. Je résiste.” Encore un exemple flagrant de la schrizophrénie tunisienne.
    • La Page wikipédia consacrée au président Ben Ali a été censurée en Tunisie à l’occaion des élections 2009.
    • Le propriétaire du site http://www.MyPortail.com le met en vente après avoir été censuré en Tunisie suite à la publication d’un article traitant de “La Régente de Carthage”.
    • 100 Israéliens d’origine Tunisienne, vivant dans un pays qui se targue d’être “l’unique démocratie de la région” ont pourtant voté pour Ben Ali dans un bureau de vote à Jérusalem.
    • Le jour même de l’annonce des résultats des élections, qualifiées par la presse de caniveau comme étant un “renouvellement du pacte de confiance avec le président Zine El Abidine Ben Ali, [et un témoignage] de la conviction du peuple tunisien que le Président Ben Ali est le plus apte à poursuivre la conduite de l’œuvre de développement global de la Tunisie“, plus de 200 Tunisiens, entre femmes, hommes et enfants, de la localité de Safsaf (Gafsa) ont fuit vers l’Algérie voisine. Selon le journal Algérien Elwatan, les “40 familles ont assuré qu’elles ont agi ainsi à cause de la situation déplorable dans laquelle elles se trouvaient : misère, chômage et hogra.” Toujours selon Elwatan, les autorités civiles et sécuritaires se sont déplacées pour les convaincre de regagner la Tunisie de ben Ali.
    • Qu’en pensez-vous ? Avez-vous d’autres exemples plus parlants ?

     
    • Sadrubal 1:40 pm on November 1, 2009 Permalink | Reply

      Franchement, ton humour qui n’est pas un, ne fais rire. Au contraire j’ai beaucoup de pitié pour toi mais ma compassion est unitule, car à première vue, ton cas est désespré. Il n’ya aucune chance que tu sois guéri, tu es tombé très bas et la surface n’est plus à portée de tes mains.

    • genxbong 12:15 am on February 25, 2010 Permalink | Reply

      Hi, as you can see this is my first post here.
      In first steps it’s very good if somebody supports you, so hope to meet friendly and helpful people here. Let me know if I can help you.
      Thanks and good luck everyone! 😉

  • sami ben gharbia 4:17 pm on October 13, 2009 Permalink | Reply
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    Hello world! I'm Hacked! Again and Again! 

    My blog has been hacked today by some “phantoms” (see screenshot).
    The hackers deleted my blog, its database and the Tunisian Prison Map. This is not the first time that  my blog, along with other Tunisian independent websites where I’m active, have been targeted and sometimes defaced completely, like what happened to yezzi.org (see my post “North Africa: are political websites more likely to get hacked” on Global Voices Advocacy. But we are always back, sharper and wiser, to exercise our right to free expression.
    You can access by blog mirror/backup on https://ifikra.wordpress.com
    I’ll import the backup of my blog in the coming days; too busy, traveling and more 😉
    Best
    sami ben gharbia

    hacked131009

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    sami ben gharbia

     
    • oso 2:28 pm on October 16, 2009 Permalink | Reply

      Sorry to hear. Glad that you’re back up. I’m certainly not suprised that you’re a frequent target. 🙂

    • Sami Ben Gharbia 1:20 am on October 17, 2009 Permalink | Reply

      Hi David, thanks man. Well, that’s the nature of this cat and mouse game that we are playing.

  • sami ben gharbia 4:12 pm on July 8, 2009 Permalink | Reply
    Tags: opposition,   

    الحوار مع برهان بسيس لا يخدم سوى السلطة 

    [blip.tv ?posts_id=2350839&dest=-1]

    بين الدفاع الجبان لبرهان بسيس عن النظام و رئيسه و استفتاء 2002 الدستوري الذي أبقى عليه و على إنجازات النموج التونسي الذي “لا يدّعي الكمال و لا الإرتقاء” بل يخطو “خطى تدريجية على درب بناء ديمقراطية ناشئة تحاول أن تصلح أخطائها”، و بين اليأس “الموضوعي” للمحامي محمد عبّو من احتمال حصول أي تغيير لأسباب تاريخية أهمها، حسب ترتيب المحامي عبّو ذاته، أن “الشعب التونسي لا يحب الحياة”، عائدا بنا إلى “حكمة” البيت الشعري الشهير لأبو القاسم الشابي و الذي غالبا ما تستشهد به بعض شخصيات المعارضة (راجع تدوينتي الهزلية في هذا الإطار: حــوار مــع الـشعـب الـتـونـسـي) للتدليل على أن ضعفهم مأتاه “طبيعة الشعب التونسي” الخاذلة – هذا في الوقت الذي يحرص فيه السيد محمد عبّو على إبداء احترامه لشخص الرئيس التونسي خلال حديثه عن تقدم سنّه، يغيب عنا موضوع مهم لم يواجهه، حسب علمي، محاورو السيّد برهان بسيس.

    ما هو موقع برهان بسيس من السلطة و ما هي شرعية و فائدة التحاور معه على أنه المتحدث “غير الرسمي” باسم الحكومة التونسية أو باسم وكالة الإتصال الخارجي التي أوُكلت لها مهمة تلميع صورة النظام التونسي و الرّد على “الشكاوي الحقوقية” أو “المبادرات السياسية”، على قلتها، للمعارضة التونسية و شخصيات المجتمع المدني التونسي التي اختُزلت في فرعها الحقوقي.

    لماذا نقبل أصلا مبدأ التحاور مع برهان بسيس و الخضوع لقانون لعبة حيكت من أجل الإجهاض على الحوار أصلا و تحويله إلى تهريج يكون نسخة طبق الأصل لمحتوى و مستوى إعلامنا ؟

    لماذا نُشرك السيد برهان بسيس في حصص إعلامية نادرة قل ما سنُحت و نحوّلها، بمجرد “التحاور” معه، إلى مرتع لبوق السلطة الإعلامي و لا نستفيد من هذه المنابر لإجبار السلطة على تعيين “متحدث رسمي” يمثل السلطة و لا يتملص من تحمّل المسؤولية ؟

    هل هذا أيضا تجلٍ لعجزنا حتى على اختيار المُحاور المناسب الذي يتمتع بتمثيل رسمي يتحمل معه كل التصريحات التي تُخوّن أهالينا في قفصة حينا و تتظاهر بالدفاع عن الشعب التونسي حينا آخر، و التي يطلقها هنا و هناك على شاشات عربية و أخرى “مُعرّبة” إستهوتها مغالطات و أكاذيب “مُحيي اللغة الخشبة التونسية” و “محامي الشيطان” الأول: برهان بسيس؟

    و كما كتبت يوما في تحليل لمبادرة يزي فك بن علي:

    إن آلة الخداع الإعلامي و السياسي لنظام بن علي يمكن الإنتصار عليها، لكن ليس عبر ردود أفعال تكون أسبقية المناورة فيها للسلطة (…) فعدالة أي قضية لا تكفي لتنتصر طالما أن الخطة المتبعة أصلا هي خطة دفاعية مهزومة.

     
  • sami ben gharbia 3:12 pm on January 4, 2008 Permalink | Reply
    Tags: opposition,   

    Errouj, Le Chat De Leila Ben Ali en grève de la faim 

    en grève

    القصة:

    Errouj, le chat de la première dame de Tunisie, Leila Ben Ali, entame une grève de la faim pour protester contre la visite de Sharon en Tunisie. C’est en tout cas la rumeur qui court dans les rues de la Tunisie. Du fait de sa popularité, on s’attend à un vaste mouvement de solidarité. Pas uniquement parmi les chats tunisiens, mais aussi parmi les êtres humains et pardelà les frontières nationales.

    En fait, le père d’Errouj est d’origine palestinienne. Fuyant le Liban dans les coffres de son propriétaire lors de l’évacuation du Liban de l’OLP en 1982, il est le dernier de sa famille, toute massacrée dans les rues du camp de Chatilla.

    Arrivé en Tunisie, son propriétaire le confia à une riche famille tunisoise installée dans une villa à la Marsa, tout près de Carthage. Après un long travail de séduction et de tbaznis, le père d’Errouj a réussi à draguer la première chatte du jardain du palais présidentiel de carthage, feue Noussa.

    Errouj qui est l’unique descendant de la lignée a été adopté par Leila Ben Ali, n’ayant pas pu résister à son charme.

    L’opposition tunisienne, solidaire avec la lutte du peuple palestinien, a ainsi un allié de taille au sein de la famille Ben Ali : Errouj. Un têtu fils de résistant palestinien !

    Sharon, qui est au courant de la présence d’Errouj au palais de Carthage prépare déjà son plan. Celui, très réussi, de l’assassinat du numéro deux d’alors de l’ OLP, Abou Nidhal, survenue le 16 avril 1988 dans les mêmes environs, a été proposé au Knesset israélien. Sharon peut compter sur le soutien et de la gauche et de la droite israélienne ; les seuls qui pourront s’opposer sont les verts et les amis des animaux.

    الإطار العام:

    لقد كتب هذا النص عندما طلب مني صديقي في موقع نواة “الشرش” المشاركة في العدد العاشر من الدورية التي كان يصدرها و كان عنوانها “التونسي للتونسي زحمة”. و لقد اخترت وقتها موضوع “إضراب الجوع” لطرحه بهذا الأسلوب الهزلي. إذ لا يخفى على كل متتبع للشأن التونسي أن مقاربة إضراب الجوع باتت تشكل الأسلوب الإحتجاجي اليتيم الذي استنفزته قوى المعارضة و المنظمات الحقوقية في تونس التي إن اشتدّ عودها أضربت عن الطعام، و إن هان و ضعف أضربت عن الكلام. قفد لجئ إليه المساجين السياسيون و المحامون و القضاة و الصحفيون و قيادات الأحزاب السياسية و المنظمات الأهلية و الأساتذة و المعلمون و الطلبة و العاطلون عن العمل. كل هؤلاء أضربوا عن الطعام للمطالبة برفع مظلمة بعد أن ضاقت بهم تقنيات العمل الإجتجاجي الأخرى. فقد تحول المشهد السياسي التونسي، جراء القبضة الحديدية التي يفرضها النظام، إلى مسرحية فارغة المضمون تتكرر فيها بيانات التنديد الركيكة و العرائض المؤازرة و لجان مساندة إضرابات الجوع التي ما إن انتهت حتى جائنا خبر انطلاق إضراب آخر هنا أو هناك.

    و إذا ما استثنينا الإضرابات التي يشنها المساجين الذين لا حول لهم و لا قوة، فإن إضراب غيرهم عن الطعام عنوان للفشل الذي يتخبط فيه العمل السياسي و الحقوقي التونسي منذ بزوغ شمس “جمهورية الغد” صبيحة السابع من نوفمبر 1987. الإضراب عن الطعام حتى و إن نجح في تحقيق فتات من المطالب و حتى و إن تمكن من لفت انتباه الرأي العام المحلي و العالمي فإنه لم و لن يغير من الواقع شيء و لن يكون بديلا عن أساليب العمل الإحتجاجية الأخرى.

     
  • sami ben gharbia 2:20 pm on January 1, 2005 Permalink | Reply
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    حــوار مــع الـشعـب الـتـونـسـي 

    الشعب التونسي : إذا النخبة يوما أخلصت لي الولاء فلا بد أن أستجيب النداء

    أجرى الحوار: الــبــرنــي و الــعــتــرة

    بمناسبة رأس السنة الميلادية يسعد إدارة تحرير جريدة ” التكركير” أن تعطي الكلمة لأول مرة منذ إستقلال تونس إلى الشعب التونسي. إجلالا و تقديرا لهذا الضيف الفذ، قررت الإدارة في سابقة هي الأولى من نوعها أن تتخلى لمدة يوم كامل بساعاته الأربعة و العشرين و بدقائقه الألف و أربع مائة و الإربعين عن استعمال اللغة الوطنية الفرنسية التي رافقت تشكيل الشخصية الوطنية. تلك اللغة التي لولاها لما عرفنا معاني الحرية و العدالة وسامي المشاعر الإنسانية.

    و عملا بمقتضيات الديمقراطية الموجهة يمينا و شمالا بحسب حالة طقس العلاقات الدولية السمحاء و رياح الليبرالية الجديدة الوديعة سنقيم حدا لحرية التعبير الهمجية التي فطم عليها الشعب لنوفر له هامشا محدودا من الحرية تتناسب و قدراته العقلية ، حيث تبين من خلال الدراسات المختصة التي تمدنا بها بين الحين و الآخر مراكز البحوث و الدراسات المعنية أكثر منا بماضينا و حاضرنا و مستقبلنا و التي وكٌلت لها مهمة البحث عن حل لأزماتنا يكون أنسبا من الأنتحار، أن شعبنا التونسي كبقية الشعوب العربية لم يصل بعد إلى ذالك النضج الذي يخوله من ممارسة الحرية و باقي مكونات المواطنة كما شهدناها تتحرك في محيطها الطبيعي ،ذالك المعين الغربي الناصع.

    (More …)

     
  • sami ben gharbia 3:43 pm on December 16, 2004 Permalink | Reply
    Tags: , opposition,   

    De la vraie et de la fausse opposition de décor 

    Dans la masse des commentaires et des réactions suscités par les résultats des « élections » du 24 octobre dernier, plusieurs positions se sont dégagées. J’aimerai ici réagir au texte de Sihem Bensedrine Sihem Bensedrine : « L’opposition a gagné la bataille de la délégitimation contre Ben Ali », Kalima nº30. vu le ton autoritaire qu’il emprunte et l’idée fantaisiste qu’il œuvre à imposer sur la nature du débat post 24 octobre. Aussi, vu qu’il démontre à quel point on peut transformer des « élections » qualifiées par tous les observateurs de « non événement » et de mascarade en un événement qui se veut historique. On ose même parler de victoire de l’opposition dans la bataille de la délégitimation contre Ben Ali. Et pas n’importe quelle opposition, mais celle qui a participé activement à la même mascarade « électorale ».

    Sihem Bensedrine a préféré se servir d’un titre-postulat ayant l’allure d’une vérité historiquement irréfutable pour faire passer un non-sens. Ce faisant, elle comptait dissuader les éventuels critiques qui oseraient remettre en question cette prétention extravagante et autosuffisante, qu’est « l’intérêt de l’aventure de l’initiative démocratique » et « la victoire dans la bataille de la délégitimation contre Ben Ali » à ne pas s’hasarder dans ce pré-carré. Lequel devrait être réservé aux seuls porte-paroles autoproclamés de la Tunisie opposée à Ben Ali. Sans donner à la critique et au débat l’espace qu’ils méritent dans l’ère post 24 octobre, elle a rejeté d’emblée les sceptiques, avant même qu’ils ne se prononcent, dans le camp de la dictature, et a excellé, tout comme cette dernière, dans le maniement des qualificatifs et des vieilles batteries qui viennent à bout de l’analyse et de l’argumentaire : « guerre psychologique » « collaborateurs actifs », « laboratoires officiels », « services spéciaux » etc.! Le reste du texte n’est rien d’autre qu’une volonté manifeste de se construire une autorité morale sur la scène politique et médiatique tunisienne, un règlement de compte qui peine à dire son nom, et un manège oeuvrant à légitimer une nouvelle caution donnée au quatrième mandat de Ben Ali par ceux qui se sont appropriés le titre pompeux d’Initiative Démocratique. Comme si l’initiative dans le cirque électoral tunisien avait existé même au sein de la sphère tracée par le régime de Carthage. Que dire alors si la partie concernée prétend se positionner en dehors de cette sphère !

    Et c’est bien Sihem Ben Sedrine, dans un entretien accordé le 25 octobre 2004 à Radio France Internationale, qui avait reconnu que ces « élections » qui était « pour rien (…) avaient deux demandeurs seulement : Ben Ali et l’Europe et l’Occident en général. » Pour écouter la totalité de l’entretien cliquer ICI. On a le droit quand même de déduire que tous ceux qui ont participé aux dites « élections » répondaient à la demande de Ben Ali, qui reste le maître absolu du jeu. Jouer sous des prétextes aussi fautifs qu’irréalistes comme « la démonstration du verrouillage politique » et « témoigner de cet interdit qui frappe l’exercice des libertés élémentaires », est avant toute autre chose une reconnaissance de la légitimité de la partie qui mène le jeu et qui défini ses règles. Règles, rappelons-le, qui étaient toujours non constitutionnelles. En acceptant de se mettre à table, l’Initiative Démocratique s’est placée d’emblée au cœur du système bénalien malgré sa prétention au contraire. Et on n’a pas à « se torturer l’esprit » -bizarre définition donnée par S. Bensedrine à l’acte de la réflexion- pour saisir cette réalité.

    Au niveau de la fixation des défis et des objectifs de l’opposition, SBS semble être encore l’otage du passé et d’une certaine idée désuète du militantisme, réduite à sa seule bataille médiatique contre le régime de Carthage : « L’unique défi à relever par l’opposition était de faire, encore une fois, la démonstration du verrouillage politique (…) témoigner de cet interdit qui frappe l’exercice des libertés élémentaires » Rétrécir de la sorte le champ d’action de l’opposition à une simple bataille médiatique, qui de plus a prouvé ses limites, équivaut à sacrifier le premier objectif de la résistance à la dictature : la renverser et mettre fin à son règne de la terreur. Et, ici, il est plus qu’inopportun de parler de radicalité du discours de ceux qui ont appelé au boycott actif étant donnée que la radicalité est au sein même du système politique tunisien. La dictature est radicale dans ses choix répressifs, extrémiste dans son négationnisme des drames subis par les prisonniers politiques, leurs familles et les exilés, fanatique dans son flicage de la société, aveuglée dans sa corruption et son favoritisme. Et il est incohérent de vouloir opposer à un tel système une opposition soft et « un ton et une démarche mesurée, et verbalement modérée » sous prétexte qu’il vaut mieux ne pas effrayer cette « frange de l’élite tunisienne, somme toute attachée à son confort matériel. » Et je pense que l’histoire de la Tunisie militante a suffisamment prouvé que le fait de choisir le camp de cette frange de l’élite se traduisait toujours par l’abandon des revendications populaires. Et il ne faut pas être devin pour savoir que tout (More …)

     
  • sami ben gharbia 7:22 am on October 23, 2004 Permalink | Reply
    Tags: , , opposition,   

    24 octobre, l’avant et l’après. 

    Première partie : L’avant.

    Ce qui fait la singularité de l’actuelle mascarade électorale en Tunisie, hormis le fait qu’on connaît d’avance son issue ainsi que…le score qui va permettre pour la quatrième fois consécutive au Président sortant/entrant Ben Ali de se maintenir confortablement au pouvoir, c’est qu’elle est animée par plusieurs acteurs originaux dans leur besogne. A côté des acteurs tunisiens, « intellectuels », « artistes », « ONG » et même « opposants », se sont ajoutés des acteurs étrangers. Des Arabes, des Africains et des Occidentaux, qui généralement ne tarissent pas d’éloges sur « la Tunisie de Ben Ali», ont profité de cette occasion pour vanter notre dictateur, devenu en ce temps de mensonge globalisé un réformateur perspicace et un dirigeant hors pair.

    Ainsi, sur les pages des journaux tunisiens, mais aussi étrangers, et sur les sites en ligne de plusieurs organes de presse, on trouve de façon quasi quotidienne des articles, des brèves, des entretiens et des déclarations qui chantent la réussite du modèle tunisien et voire qui exhortent le Président Ben Ali à rester au pouvoir pour un autre mandat de cinq ans afin de diriger la Tunisie vers plus de progrès, de démocratie et de liberté.

    Je me permets d’énumérer ici quelques exemples qui illustrent ce que le Secrétaire Général de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), dans son intervention lors du 22ème Congrès de l’Association des journalistes tunisiens (AJT), appelle « un monde de l’information rempli de “malhonnêteté, de duperie et de mensonge » que les dirigeants politiques en Tunisie sont en train de créer [« La FIJ demande aux journalistes tunisiens de remettre en question le contrôle politique des médias. », 27/09/2004.] « à coup de documentaires, de Racines, d’Ailes, de grand bleu, de tagines et autres invitations luxuriantes lancées aux plus prestigieuses plumes du journalisme européen, trop heureuses de troquer l’enquête contre le dossier de presse Présidentiel.» [« De la Democracy en Arabie. », Driss Chraïbi, La Nouvelle Tribune (Maroc), 29/4/2004. ] :

    1- Journal d’une mascarade.

    Intervenant lors du septième Forum international du magazine “Réalités” tenu le 24 septembre dernier à Tunis, le Président du Conseil économique et social ivoirien, M. Laurent Dona Fologo, après s’être acharné avec son vocabulaire altermondialiste sur ce qu’il appelle « la démocratisation à outrance » qu’il a diagnostiquée comme étant Le Mal menaçant l’Afrique, déclare que : « C’est faute d’avoir eu après Houphouet-Boigny [premier Président de la Côte d’Ivoire (1960 – 1993)] un chef comme Ben Ali en Tunisie, que nous [Ivoiriens] sommes descendus aux enfers. »[Dona-Fologo: « l’ordre mondial actuel dessert l’Afrique », Fraternité Matin, (Abidjan), 27 /09/2004.]

    Lors d’une conférence organisée le 23/09/2004 à Tunis, l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alecso), dont le directeur général n’est autre que M. Mongi Bousnina, ancien ambassadeur de Tunisie en France [Il avait pourtant déclaré qu’il voulait prendre du recul et occuper un poste dans un organisme culturel car « la politique est un terrain miné. » disait-il. Lire L’Audace n؛ 67, septembre 2000.], a « mis en exergue l’attachement aux valeurs de liberté, de pluralisme et de démocratie qui sont des choix irréversibles dans la Tunisie de l’ère nouvelle. » [« Conférence sur “Le dispositif de réformes : la Tunisie du Changement, un modèle” », Tunisia Online (Tunis) 23 septembre 2004.]

    De Amman, où s’est tenue la session ordinaire de l’Organisation de la famille arabe, le Président Ben Ali a reçu un message des membres du conseil d’administration exprimant le soutien de l’Organisation à sa candidature à l’élection présidentielle du 24 octobre prochain. [« Présidentielle du 24 octobre : l’Organisation de la famille arabe soutient la candidature de Ben Ali. », La Presse (Tunis), 8 octobre 2004.]

    Monsieur Constant R. Sabang, correspondant à Tunis du quotidien camerounais « Mutations », nous fait découvrir la « démocratie consensuelle » tunisienne, résultante dit-il, d’un « pacte, espèce de gentlemen agreement, conclu entre les partis [de l’opposition] et l’Etat » [« Tunisie : Pour une démocratie consensuelle. » Constant R. Sabang Quotidienmatuations.net, (Yaounde).]. Pacte qui consiste particulièrement à barrer la route aux islamistes. Lesquels menaceraient la liberté de culte, qui se traduit par « la magnifique cathédrale de style gothique sur l’avenue Bourguiba » et menaceraient aussi les juifs tunisiens qui « n’auraient certainement plus de place dans une société qui semble avoir enfin trouvé ses repères » sous la sage direction du Président Ben Ali. Et pour conclure, il nous assure que le scrutin présidentiel du 24 octobre prochain est le deuxième à caractère pluraliste de l’histoire moderne de notre pays.

    Lors d’un gala de soutien au Président Ben Ali organisé le 2 octobre 2004 par le journal Akhbar Al Joumhourya, la chanteuse égyptienne Chirine Wajdi, l’actrice égyptienne Ilhem Chahine, les chanteuses libanaises Houyem Younes et Pascale Mechaâlani, le chanteur marocain Abdelwahab Doukali et le chanteur algérien Rabah Deriassa ont exprimé leur soutien à la candidature du Président Ben Ali. On apprendra par la suite que le chanteur libanais Ragheb Alama a exprimé deux joies : celle de retrouver le public tunisien et celle de soutenir Ben Ali.

    A l’intérieur, la mascarade a pris une tournure surréaliste lorsque Mohamed Bouchiha, le secrétaire général du Parti de l’Union Populaire (PUP), lui-même candidat à l’élection présidentielle, a estimé que le discours-programme de son rival Ben Ali, candidat du parti au pouvoir, le RCD, est « un programme électoral exhaustif » et « une plateforme pour l’avenir » [M. Mohamed Bouchiha, secrétaire général du Parti de l’unité populaire (PUP) :« Une plateforme pour l’avenir » La Presse du 12 octobre 2004.]. Son cirque ne s’est pas arrêté là, cinq jours avant les échéances, Bouchiha déclare qu’il ne se « présente pas en concurrence du Président Ben Ali » [(AFP 19/10/2004) Mohamed Bouchiha, candidat à la présidentielle sans viser la présidence.

    10.Lire l’article mis en ligne sur le site non à Ben Ali.].

    Dans un « article » paru sur le journal Al houriyya du 16 septembre 2004 et intitulé pompeusement « je voterai B. Ali puisqu’en tant que femme ma situation dépasse le rêve », madame Jamila Mejri qui se présente en tant que femme d’art et de création, affirme sans aucun scrupule que Ben Ali a réalisé plus que ce que Tahar Hadded et tous les réformateurs avaient réclamé. Et pour conclure, elle nous confie, avec cette même naïveté qu’on retrouve dans cette famille d’artistes, qu’elle aimerait donner à Ben Ali plus d’une voix lors des (More …)

     
    • Kaoula 9:45 pm on December 7, 2009 Permalink | Reply

      J’aimerais signaler un lien utile vers des journalistes et des écrivains peu soucieux de la vérité et de la réalité, des hommes de lettres sans scrupules, hypocrites et arrivistes comme Jamila Mejri:
      Veuillez visiter le blog: http://utopia-666.over-blog.com pour vous en convaincre.
      La société tunisienne est pleine de ce genre de serpents…
      Merci.

  • sami ben gharbia 5:59 pm on June 22, 2004 Permalink | Reply
    Tags: , , opposition,   

    في الحوار و المقاطعة و القطيعة 

    boycott
    – I في الحوار

    الحديث عن ” الإنتخابت” التشريعية و الرئاسية و مقاطعتها هو حديث عن الشأن التونسي العام بمعنى أنه يخص أفراد و شرائح المجتمع التونسي على اختلاف مشاربهم و بغض النظر عن مدى عمق أو سطحية وعيهم السياسي و قدم أو حدوث تجربتهم النضالية. و لعل الأصوات المطالبة بحصر الحوار على ذوي الخبرة لا تعدو أن تكون سوى شكلا آخر من أشكال الوصاية على الشعب بدعوى قصوره و عدم رشده في التعامل مع الحدث السياسي. و لقد وصل الأمر ببعض الوجوه التي أحببناها لنضالها من أجل حرية الكلمة إلى التساؤل عن ” الجدوى من الكتابة المناضلة” مشككة حتى في جدارتنا في الحرية[كلمة أم زياد. مجلة كلمة العدد 25.]. و هنا أعجب أن تصدر هذه الأصوات عن دائرة المعارضة المقاومة للسلطة بل عن أولى الموقعين على البيان الداعي إلى المقاطعة حيث حدد السيد منصف المرزوقي شروطا للحوار من بينها توفر عامل الخبرة لدى المتحاورين[Moncef Marzaouki, Réponse au juge Yahyaoui : « Un vrai débat implique trois choses : le respect mutuel entre protagonistes expérimentés…” TUNISNEWS du 04/06/04 ] ، بتعبير آخر غلق الباب أمام الرافدين الجدد على الشأن السياسي في انتظار تزكيتهم من قبل قدماء المعارضة أو نجاحهم في الحصول على ” أصل سياسي” على غرار” الأصل التجاري” الذي يمكنهم من دخول حوزة السياسة التي صارت في كثير من شؤونها أمر باعة و حرفاء و بضاعة تسويق.

    و تجدر الإشارة هنا إلى أن كثرة المحاولات في الآونة الأخيرة التي دأبت على تشويه صورة المنتديات التونسية و ما يكتب فيها ليست سوى علامة عن ذاك ” القلق الوجودي” الذي باتت تعيشه بعض وجوه المعارضة و المجتمع المدني إزاء تنامي ظاهرة الأسماء المستعارة و ظاهرة النقد اللاذع للسلوكيات السياسية لكل من السلطة و معارضتها. فالكثيرون ينظرون للحوار من زاوية إستعلائية و أخلاقوية وكأن الساحة وقف على المربع القديم و ليس من زاوية إنجاز الحقوق الوطنية الثابتة لكل فرد مهما صغر حجمه السياسي طالما أنه متيم بحب الوطن و سباق لمصلحته. و لعل السيد مختار اليحياوي يعد إستثناءا في الساحة السياسية التونسية حيث تميز ب:

    (More …)

     
    • المكتب المسير 12:06 pm on March 8, 2007 Permalink | Reply

      باشوية بني بوعياش………..تماطل ولامبالات

      المبدأ الشائع في جميع الدول أن البرلمان هو الذي يشرع القوانين

      والسلطة التنفيذية تتكلف بتطبيقها، لكن ما يحدث في باشوية مدينة بني بوعياش مختلف عن هذا المبدأ الديمقراطي إذ أن الباشوية هي التي تشرع القوانين لتطبقها حسب منطقها وهذا ما خلصنا إليه في نادي الإبداع والفنون ببني بوعياش بعد أن وضعنا ملف النادي لدى الباشوية يوم 26-01-2007 لنتفا جئ برده لرئيس النادي يوم 07-03-2007 بطريقة جد مشمئزة من طرف أحد الموظفين معللا هذا القرار بأن –اللانكيت- مازالت جارية لمعرفة أخبار أعضاء النادي وهذا التماطل في –اللانكيت- راجع إلى الموظف الماهر في هذا الشأن الذي غادر الباشوية قبل عيد الأضحى بأيام معدودة ولم يعد لحد كتابة هذه الأسطر فليبصر المبصر إلى السياسات المفشلة ومصير الملف الذي أنجزناه ب 600 درهم وهو الآن يحتاج إلى تجديد كل الشواهد التي فات عمرها ثلاثة أشهر.

  • sami ben gharbia 2:36 pm on June 18, 2003 Permalink | Reply
    Tags: , opposition,   

    L'arche de Noé 

    « Qui a fondé quelque grande oeuvre dans un esprit désintéressé veille à former des héritiers. C’est la marque d’une nature tyrannique et basse que de voir des adversaires dans tous les héritiers possibles de son œuvre et de vivre en position de défense contre eux. » [Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain, Editions Gallimard, tome I, p. 366-367.]

    « L’esprit supérieur, chaque fois que des jeunes gens ambitieux font preuve à son égard de manque de tact, d’arrogance, voire d’hostilité, y trouve son plaisir ; ce sont les mauvaises manières des chevaux fougueux qui n’ont pas encore porté de cavalier, et ne tarderont guère pourtant à être bien fiers de le porter, lui. » [Friedrich Nietzsche, op. Cit, tome I, p.271.]

    Je me démarque par avance de ceux qui ont eu l’habitude de prostituer les secrets et les bévues politiques des autres, de ceux, pitoyables, qui usent de l’accusation gratuite comme arme, et de ceux qui chatouillent, avec des propos flatteurs, farcis d’hypocrisie et de mensonges, les personnalités de l’opposition ou ceux de la société civile. Bien que j’éprouve de l’humiliation devant les luttes et les sacrifices énormes des victimes de la répression en général et ceux d’Annahdha en particulier ainsi que de l’estime pour la lignée modérée, sage et honnête du CPR et surtout de son leader M. Marzouki qui, à mes humbles yeux, est le mieux placé pour amorcer un travail fédérateur, je me démarque de l’ensemble de la désormais dénommée deuxième opposition qui ne m’a jamais interpellé ni inspiré. De la même radicalité et franchise qui risque d’indisposer certains de mes amis sur TUNeZINE et RT, je me démarque de la troisième opposition, si (je dis bien si), des voix, ici et là, tentent de la contenir, de l’accaparer ou de la détourner de ses objectifs principaux que sont la construction d’un débat entreprenant, l’éclosion d’une action (auto) critique de tout ce qui touche de près ou de loin notre condition de dominé et la lutte non seulement contre la dictature de Zaba mais contre toute forme de domination, même celle provenant des partis, des personnalités ou des organisations appartenant à l’opposition ou à la société civile ; car notre combat n’est pas uniquement dirigé contre la tyrannie du présent, mais, et surtout, contre celle qui s’annonce à l’horizon.

    La troisième opposition, à mes humbles yeux, n’est contre ni Foulan ni Filtan. Pour survivre, affranchie de tout cantonnement partisan, clanique et même idéologique, et pour mener à bien sa mission qui est celle de tous ceux qui ne s’identifient pas avec les partis présents sur la scène réelle et virtuelle, elle doit éviter de personnifier la lutte et le débat pour ne pas s’abaisser à ce même bas niveau, malheureusement marécageux et désolent, de certaines figures tunisiennes et s’emprisonner de la sorte dans une partie de ping-pong inutile qui ne ferait que satisfaire la dictature tunisienne. La troisième opposition, à l’image des moyens dont elle dispose, est une communication. Une information. Un discours, avec ces deux pôles habituels. Le discoureur/auteur et l’interlocuteur /auditeur. Portant le mal tunisien, luttant pour la vulgarisation des prérogatives de la citoyenneté, contre l’abêtissement de l’être tunisien, la troisième opposition, par le biais de son discours, donc d’elle-même, tend à faire de chaque interlocuteur un acteur à part entière. Elle travaille à relaxer la part étouffée de la liberté, de la raison et des rêves du peuple tunisien. C’est un mouvement de libération national dans le vrai sens du mot. Elle s’exerce à faire libérer le Tunisien de sa peur, de son mutisme et de son atomisation pour le préparer à briser les chaînes de cette dictature qui a fait de lui « un citoyen en sursis ». La troisième opposition n’est pas en quête du pouvoir ni en quête d’occuper une place, en tant que parti ou organisation, sur l’échiquier politique ou associatif tunisien, comme le veut certains de bonne foi dont S.Karker, mais, elle vise la construction d’un nouvel être tunisien. C’est l’embryon de ce qui pourrait un jour être la fabrique des citoyens-opposants, selon la notion joliment formulée par Astrubal.

    En tant que discours infiniment tunisien, produit de toutes pièces par les Tunisiens, avec le soutien de leur ami(e)s non-tunisien(e)s, elle s’adresse principalement et en premier lieu à une jeunesse tunisienne ayant accès à Internet afin de la faire associer dans le débat et l’inviter, par l’art, la bonne parole, l’originalité des thèmes et la fougue de la critique, à assumer le rôle indispensable de relais qui manque tant à la deuxième qu’à la troisième opposition. Ce sont les Tunisiens de l’intérieur, privés de leur droit à l’exercice de la parole qui doivent être la cible principale de la troisième opposition. Si au bout d’un an, de deux ans, on arrive à jeter les ponts d’avec la jeunesse de l’intérieur en l’encourageant à l’acte de la lecture, puis à la propagation de la littérature rebelle et authentique dans les collèges, les universités, à les photocopier, à amorcer puis à maintenir un contact organique avec la jeunesse scolaire, estudiantine et sans-emploi afin de lui rendre l’espoir et la convaincre de l’utilité et de l’urgence de l’action politique ou/et intellectuelle, ça sera franchir un pas géant dans l’objectif de la libération de notre peuple.

    Convaincre la jeunesse que les problèmes politiques, sociaux ou économiques dont ils font face ont des racines et des solutions, et que la toute première des solutions consiste à croire que nous sommes capables. (More …)

     
  • sami ben gharbia 5:30 am on May 21, 2003 Permalink | Reply
    Tags: , , , opposition   

    Les petits Zaba de l'opposition 

    Le mécontentement est grandissant dans le milieu des jeunes intervenants sur les forums de discussions. D’un côté, ils observent avec amertume et impuissance la dérive de plus en plus autoritaire du régime, et de l’autre ils suivent les épisodes de la déroute de l’opposition tunisienne. Qu’il soit sur les pages du forum TUNeZINE ou celles de Tunisnews et de Tunisia2003, le désenchantement a laissé la place à l’exacerbation ; et l’indifférence à la colère. Avec l’information concernant la Rencontre d’Aix-en-Provence, il est devenu de plus en plus pénible de dissimuler le désarroi, voire le découragement, chez tous ceux qui avaient espéré voir s’amorcer un front de salut national. Hâtée, mal informée, louche, mais porteuse d’un rêve, peut-être trompeur, qui nous a pourtant longtemps caressés, celui de rassembler les divers partis et organisations de la société civile, la Rencontre, prévue pour cette fin de semaine, avait trompé plus d’un, à commencé par l’auteur de ces lignes, au point que le fameux RCDiste, Dédé, l’ange gardien du régime, assidu sur le forum de TUNeZINE, avait secoué ce qu’il a appelé ma « naïveté politique », celle de voir se rencontrer les « acteurs » de la société civile.

    A-t-on vraiment tort d’espérer une telle conciliation nationale ? Bien sûr que non. L’optimisme, même dans les moments les plus sombre, est le moteur de la vie. Pourquoi donc nous – les jeunes indépendants- considérons ces coquilles vides que sont les partis comme des cas désespérés, incapables de faire avancer les choses ? Pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler d’un quelconque changement à la tête des partis de l’opposition tunisienne se réclamant de la démocratie ? Y a-t-il une carence au niveau des ressources humaines ou bien au niveau de la culture démocratique ? Peut-on combattre la dictature avec ses moyens ?

    Favoritisme, soif du pouvoir, insensibilité, élitisme, arrogance et prétention ne sont-elles pas les maux que partage le régime avec ceux qui sont censés le combattre ? Pourquoi, les représentants de la société civile préfèrent-t-ils être des invités d’honneur des émissions télévisés, des conférences et des colloques que d’être à l’écoute de leurs concitoyens ? Combien de fois à-t-on invité les leaders de l’opposition de venir discuter sur le forum de Tunezine ? Hormis S. Karker, M. Yahyaoui, Mondher Sfar et quelques autres rares figures de la diaspora, pourquoi le reste de ces « personnalités publiques » déclinent-ils l’invitation et refusent-ils le débat ? Est-ce que l’opinion publique internationale, et en moindre mesure les chancelleries occidentales, aux quelles ils paraissent être dévoués corps et âmes, sont plus importantes que l’opinion de la jeunesse tunisienne ? Pourquoi réservent-ils du temps à une chaîne de télévision espagnole ou à un colloque italien alors qu’ils se fâchent lorsqu’un jeune tunisien (Tsar Boris) leur pose de la façon la plus directe une série de questions qui nous concernent tous ? L’audimat, cette nouvelle obsession de l’opposition tunisienne et des représentants de la société civile, est tout sauf tunisienne, pourquoi ?

    A lire les réponses retournées de la manière la plus déchaînée et la plus désagréable au questionnaire de Tsar Boris adressé aux petits dictateurs de l’opposition, ces pastiches de Zaba, on n’a plus aucun doute sur la nature de la culture qui prévaut au sein des cercles, ô combien restreints, de ces partis ou ces « sociétés privées » selon les termes de Abdo Maalaoui [1]. Cette coquille vide, nommée opposition tunisienne, s’abreuve de la même source que la dictature : la culture de l’autoritarisme, le culte de la personne et le mépris du peuple. La transition vers la démocratie ne peut s’effectuer sans l’ancrage des valeurs démocratiques dans les têtes même des leaders des partis et des représentant de la société civile. Comme l’a bien rappelé Abdel Wahab Hani : « ce n’est certainement pas en adoptant la culture de la dictature qu’on va pouvoir la débobiner. » [2]. On n’a jamais vu ces étoilés de la politique descendre de leur tour pour aborder les sujets avec les jeunes des forums.

    Ghannouchi, à la tête de son parti, depuis déjà un quart de siècle, malgré ses échecs consécutifs, nous raconte encore et encore le mythe de l’Etat islamique de la Médina ; Marzouki s’emporte du questionnaire de Tsar Boris comme si un intrus avait violer son harem politico-intellectuel ; Ben Sedrine est embauchée à plein temps dans les émission télévisées pour sensibiliser l’opinion publique internationale oubliant que l’enjeu essentiel réside dans l’opinion publique tunisienne ; Hammami était plus intéressant lorsqu’il était mystifié par sa cachette et l’épisode de sa cavale surréaliste ; Charfi, encore obnubilé par les honneurs du ministère, les salons des hôtels luxueux et les mensonges de sa « pensée réformiste » n’a pas encore réalisé la gravité de son parcours comme lieutenant idéologique de Zaba.

    Les partis de l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme qui cherchent le soutien dans les capitales européennes n’ont pas encore compris que ce chemin ne mène nulle part. C’est le chemin vers le cœur et l’esprit de la jeunesse tunisienne qui nous garantira la réussite. Et le chemin vers notre jeunesse doit se faire par le biais d’un discours jeune, vierge, hardi, désintéressé, frais et rebelle. Il faut qu’il y ait toujours quelqu’un pour répondre aux gens, puis pour évaluer les idées discutées et pourquoi pas pour faire le suivi et mettre en œuvre les suggestions émises lors des débats. Nous sommes convaincus de la nécessité d’une politique de terrain. Et si le terrain intérieur nous est interdit par Zaba, le terrain extérieur dont le terrain virtuel qu’assure Internet, nous permet d’exercer le principal droit/devoir démocratique qu’est le débat. Il faut investir dans le débat. Il est inacceptable qu’on abandonne des groupes entiers de jeunes engagés dans l’action politique, épris de l’amour de leur patrie et concernés par le sort de leur pays.

    La démocratie participative suppose d’être toujours à l’écoute des gens. Le plus important c’est que les gens puissent parler – ce qui est entrain de se produire de plus en plus-, que ceux qui se sont hissés à la tête des formations de l’opposition les écoutent et discutent avec eux. Les chefs des partis de l’opposition, ces miniatures de la dictature, sont les premiers responsables de leur propre débâcle. Faire porter la responsabilité au régime de Zaba n’est qu’une tromperie d’une opposition ghettoïsée par ses propres procédés élitistes.

    Travailler pour produire une culture de refus et de dialogue. Jeter les ponts entre la vieille et la nouvelle génération de militants avant qu’il ne soit trop tard. Lire les interventions des jeunes, apprendre à les lire humblement, écrire des réponses, intervenir sur les forums de discussion. Oser poser les questions qui font mal, celles qui éveilleront les âmes de nos cités somnolentes. Oser affronter le visage de notre quotidien : la vulgarité, l’insolence et l’irrespect qui caractérisent, malheureusement, notre social. Oser réinventer la littérature politique, la littérature qui dérange, celle qui fait peur aux gardiens de l’Ordre. Ce sont là les missions primordiales des partis de l’opposition tunisienne.

    Tout peuple qui n’a pas produit une classe de révolutionnaires illuminés et courageux est un peuple condamné à la servilité et à la misère. Une classe d’intellectuelle qui n’a pas produit une culture de refus et de contestation et des penseurs qui osent critiquer et mettre tout sous la lumière de la question et du doute est une classe corrompue qui se recrute au milieu des arrivistes et des dictateurs-apprentis. Notre peuple non seulement est humilié par ses gouverneurs, mais aussi par les leaders de l’opposition et les soi-

    disant intellectuels, ces avants gardes de la culture des salons qui n’ont pas encore appris à aimer le peuple, à s’adresser à ses forces étouffées et à leur faire confiance. Chaque Tunisien et chaque être humain a un penchant vers la liberté et la dignité. Il faut savoir l’éveiller, le remuer et le réactiver. Comment attitrer l’attention de notre peuple qui a pourtant l’air d’être nonchalant ? C’est une question qui doit circuler entre nos cœurs et nos têtes, car nous avons besoins d’ajouter une graine de sentiment à notre raisonnement et une graine de raison à nos sentiments. Nous avons besoin d’apprendre l’amour de notre prochain.

    L’histoire de l’humanité nous l’a démontré : un peuple qui n’a pas produit une élite illuminée et autocritique n’est pas apte à se redresser ; une élite qui n’a pas produit un art, une culture et un discours qui associe le peuple et s’adresse avec amour à son âme n’est pas apte à représenter la volonté de renaissance et de changement.

    Notes :

    [1] Chefs des Partis de l’Opposition : C’est assez !Abdo Maalaoui (Montréal, Canada)TUNISNEWS N° 1094 du 18.05.2003.

    [2] Un minimum de sérieux, de respect et de transparence ne fait pas de mal, par Abdel Wahab Hani, le soir du 19 mai 2003.

     
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