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  • sami ben gharbia 2:41 pm on February 14, 2009 Permalink | Reply
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    Valentin à Bab Souika [revisited] 

    St. Valentin

    Ce texte est un extrait de mon e-livre Borj Erroumi XL, publié ici sur mon blog en Octobre 2003 (l’elivre est disponible en ligne).

    Un jour, dans le cadre d’une liaison amoureuse qui m’avait liée à une jeune tunisoise de la classe «graissée», lors d’un de mes délicieux mariages de plaisir, elle était venue me voir en m’amenant un bouquet de narcisses, acheté à l’un des pauvres enfants du souk de Bab Souika. Ce n’était ni mon anniversaire ni celui de ma mère et j’étais d’autant plus gêné que, hormis le fait que je détestais l’odeur des narcisses malgré la beauté du nom et de la fleur, je faisais partie de ces jeunes tunisiens timides qui se sentent embarrassés lorsqu’ils tiennent un bouquet à la main.

    Bref, elle me l’avait présenté en me donnant deux baisers sur la joue – j’en étais devenu cramoisi- et en me disant qu’elle me les offrait à l’occasion de Saint Valentin. Moi, l’enfant des quartiers arabes, je ne connaissais ni Saint Valentin, ni les bisous sur la place publique. D’ailleurs, et entre nous, le seul saint français que je connaissais était Saint Germain du PSG, le club de foot parisien. Je lui ai donc demandé de m’informer sur ce saint et de me raconter son mémorial pour que Dieu nous recouvre de sa baraka. Elle, elle pensait que j’étais en train de me moquer d’elle parce que je lui ai dit que je n’ai jamais rencontré son nom ni dans mes lectures ni dans ma vie. Elle me disait avec toute la cajolerie de son dialecte franco-tunisien : « non…tu ne connais pas Saint Valentin, tu plaisantes, hein ! Allez Chadi ! yezzi milblada…je t’en prie…yezzi...arrête…» Je lui ai juré par Dieu, par son prophète et par tous nos saints des environs, de Sidi Mehrez à Sidi Bou Said El Baji, je suis même allé à jurer par le saint de la grotte, le plus vénéré des saints tunisois, Sidi Belhassen. Elle riait, mais elle ne voulait pas me croire.

    Et puisque je ne savais pas qu’il s’agissait en fait d’un saint romain, je l’ai interrogée sur le lieu de son marabout pour aller au moins allumer une bougie ou faire brûler une pincée d’encens et lire sur sa tête al-fatiha. Là, elle a éclaté d’un de ces fous-rires qui laissaient deviner l’aisance de vie de certaines couches sociales en Tunisie. Puis ayant du mal à s’arrêter, elle m’a informé ce que j’ignorais… ce qui en fait m’avait vexé et surpris : le Saint Valentin était un saint chrétien, le jour où on le fête coïncide, par je ne sais quel secret cosmique, avec le début de la période des amours chez les oiseaux …oui les oiseaux et leur pariade ! Depuis, il est devenu, par je ne sais quelle coïncidence, la fête des amoureux !
    Moi qui ne connaissais que la période de rut des chats errants et des chiens va-nu-pieds et sans maître, je savais aussi que l’amour aux yeux des nantis du monde signifiait souvent sexualité. J’ai cru alors qu’il était dans mon devoir de faire l’amour avec elle pour ne pas fâcher le Saint Valentin et pour ne pas décevoir mon amie, puisque je savais aussi, de par mon expérience et celle de plusieurs de mes amis, que la sexualité pour les gens de la classe huppée de la Tunisie était devenue une passion très sollicitée voire même une thérapie contre le stress, comme le yoga, qui les aide à supporter le « sous-développement » et « l’incivilité » de leurs concitoyens.

    Avant de lui proposer de venir avec moi à Bizerte pour une cérémonie d’initiation au mariage du plaisir, une idée qu’elle a trouvé originale, j’ai tenu, pour réparer mon amour propre blessé par cette mésaventure, à aller demander aux jeunes entassés sur les terrasses des cafés de Bab Souika s’ils connaissaient, comme mon amie, Saint Valentin. Moi, qui prétendais être un amant parfait et un connaisseur de l’amour, moi qui étais plus vieux qu’elle, qui avait beaucoup voyagé et lu, je n’avais pourtant jamais entendu parler de ce saint. C’était devenu une affaire d’honneur et une obsession que de savoir si j’étais le seul, dans les lieux, à ignorer l’existence de cette fête des amoureux. Quant à elle, elle riait comme une folle tout en me barrant la route des terrasses arguant que ce n’était pas le meilleur endroit pour poser ce genre de questions et qu’il me fallait désormais me rendre aux quartiers huppés comme El Menzah, El Manar, Mutuelleville ou dans les banlieues nord de la capitale, à la Marsa et à Sidibou. Là tout le monde, paraît-il, bien sûr à part les vendeurs des fruits secs, connaissaient l’histoire de Saint Valentin par cœur, comme celle de Noël ou du nouvel an.

    Ce jour-là, le voile qui m’a longtemps empêché de voir l’autre face de la Tunisie était définitivement tombé et j’ai réalisé que sous le même toit cohabitaient en Tunisie cinq groupes sociaux radicalement différents : il y a les noyés dans la culture et la langue française qui n’ont aucun contact avec l’expression culturelle arabo-musulmane; il y a ceux qui sont suspendus entre les deux cultures, arabo-musulmane et française, parlent les deux langues et se nourrissent des deux espaces culturels; il y a les arabisants fervents qui appartiennent à l’espace culturel arabe mais ne sont pas influencés par le religieux; il y a les absorbés par la culture arabe et islamique et infiniment influencés par le religieux; et enfin il y a ceux qui ne maîtrisent ni l’arabe ni le français et ne parlent qu’un dialecte pauvre en vocabulaire et en culture. Et ces derniers sont très, très nombreux.

    La photo originale est de Bill Hocker.

     
  • sami ben gharbia 12:47 am on August 9, 2008 Permalink | Reply
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    صفحات من تاريخ الكفاح القلمي بتونس منذ… 87 عاما 

    صفحات من تاريخ  الكفاح القلمي بتونس منذ 35 عاما

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    يمكنكم تحميل صورة من المقال الأصلي من على هذا الرابط أو هذا

    أعيد نشر مقال صدر على صحيفة “كل شيء بالمكشوف” التونسية بتاريخ 23 أفريل 1957 كتبه صحفي يدعى “ناقوبة” و يروي فيه كيف تسببت قصيدة هجائية للشاعر المتمرد عبد الرحمان الكافي، ناظم الملزومة الشهيرة “الزبوبية“، نُشرت يوم 20 جانفي 1921 على صفحات جريدة “جحا”، التونسية أيضا، في إثارة حفيظة المستعمر الفرنسي الذي عمد على مصادرة أعداد الجريدة و حجزها – و هي عادة “حميدة” درجت عليها شرطة دولة الإستقلال تحت نظام بن علي و قبله بورقيبة.

    القصيدة التي تهجي أحد “قوادة” فرنسا، المدعو محسن زكريا، المقرب من العائلة الحسينية تسببت إذا في تعطيل الجريدة و في تتبع مديرها و الشاعر عبد الرحمان الكافي عدليا بتهمة المس بالعائلة المالكة.

    لن أعيد هنا كتابة المقال و سأترككم تستمتعون به من مصدره الأصلي، أريد فقط أن أشاطركم بإيجاز بضع المشاعر التي انتابتني أثناء قراءة هذه المقالة :

    • 87 سنة مرت على حادث مصادرة جريدة “جحا” بسبب قصيدة هجائية و وضع حرية التعبير في تونس على حاله، بل ساء، على الرغم من التضحيات الجسام التي بذلتها نخبنتا الوطنية و شعبنا من أجل تحقيق الإستقلال و تحرير الإنسان التونسي من القهر.
    • طينة عملاء الإستعمار الفرنسي و “مثقفيه” و صحفييه كطينة عملاء النظام التونسي الحالي و الشحاذين على عتبات العائلات الحاكمة و المستفيدين من نفوذها. و كم يذكرني بيت القصيد الذي يهجو فيه عبد الرحمان الكافي بيوع فرنسا و العائلة الحسينية بصحفيي السابع من نوفمبر و طابور الدفاع عن “مكتسبات” المافيا الطرابلسية من أمثال برهان بسيس و غيره:

    سمعتوش بالقعر يا من حضر . عقلو انخمر. كذاب و سفيه كذبو انتشر

    سمعتوش بالقعر يا من حطب . عقلو انخرب . كذاب و سفيه صادو الكلب

    خلالنا العار بين العرب . ليلو قبر . و لا عادشي يشوف نوع البشر

    • – –

    سمعتوش بالوغد يا مسلمين . ناقص الدين . كذاب و سفيه يعطيه بين

    (موسى) و لا هوش م المحسنين . جنسو نكر . لا يهود و لا قبط منهم ظهر

    سمعتوش بالوغد يا عباد . ذهبلو الرشاد . كذاب و سفيه جابو عناد

    فدم و عكس ناس البلاد . ليس جعر . قواد و بليد ما هوش حر

    سمعتوش بالجغر ها يا صغار . خاين جهار. كذاب و سفيه قعر الأقعار

    لاجل وظيف ولا حمار. جاه الكدر . ما بقاش في الناس عندو قدر

    (…)

    • – –

    ناظم القول مشهور دامي . نرتب كلامي . عالمخلص للوطن نقرا سلامي

    الكافي عرف واحد خصامي . ندير القهر . بلسان ماضي مثيل الشفر !

     
  • sami ben gharbia 5:23 am on February 17, 2005 Permalink | Reply
    Tags: Poèmes   

    Joli moqueur ! 

    cri

    Tu m’as promis joli moqueur,

    De visiter enfin mon champ.

    J’ai des couleurs et tant de fleurs,

    A te donner lointain printemps.

    • * *

    J’ai la jeunesse de l’aurore,

    Les beaux sourires des matins,

    Et des siestes sous la fraîcheur,

    D’ombre enivrée de jasmin.

    • * *

    Puis j’ai l’intimité des soirs.

    Des étoiles pour tes visions.

    Des rêves gais sur balançoire.

    Et cent portes pour l’évasion.

    • * *

    Sur les pistes de mes contours,

    Il y a course et rires d’enfants,

    Il y a scènes chastes d’amour,

    Entre mes fleurs et papillons.

    • * *

    Sous la voûte de mon azur,

    Sous l’éclatante mer du toit,

    J’ai la verdure du velours,

    Et l’épi doré de la joie.

    • * *

    Côté levant j’arrête la terre,

    Le bleu là-bas est dominant,

    Je l’ai taché de gris, de vert,

    Et de lignes d’un blanc moussant.

    • * *

    Côté couchant, j’ai des hauteurs,

    Grimpe les monts, vois mon génie :

    Quand je définis les couleurs,

    Quand je colore l’infini !

    • * *

    Ouvre l’oreille de ta douceur.

    Écoute les chants de mes oiseaux,

    L’hymne fidèle de mes rivières,

    La percussion de mes ruisseaux.

    • * *

    Viens comme tu es, défie l’hiver.

    Défie le temps et ses décrets.

    Car le trajet qui nous sépare

    N’est qu’un néant de tes foulées.

    La photo utilisée est une composition que j’ai faite en mixant une photo du photographe américain Bill Hocker (prise en Tunisie) et une autre de l’iranienne Atieh Noori.

     
    • yousra 5:10 pm on October 8, 2010 Permalink | Reply

      joli poême
      entre nous !! alors dans son tu y as eté ? loooooool
      autrement ca serait un un bien joli et triste poême

    • sami ben gharbia 7:27 pm on October 8, 2010 Permalink | Reply

      où ça ? je comprends pas !

    • yousra 11:45 pm on October 8, 2010 Permalink | Reply

      j’ai oublié un mots
      dans son champs, de visiter son champs !!

    • yousra 8:26 am on October 13, 2010 Permalink | Reply

      evidement tu n’es pas obligé de répondre lool ( j’aime vraiment bcp ce poeme, en l’espace d’un instant il m’a fait voyager )
      merci

    • sami ben gharbia 11:14 am on October 13, 2010 Permalink | Reply

      désolé pour le retard de réponse et merci pour le commentaire, c’est très gentil. Dans “son” champ? oui, j ‘y était. En fait, si tu connais Bizerte, ma ville natale, ce poème en est la descriptsion, du moins une tentative !

    • yousra 12:29 pm on October 14, 2010 Permalink | Reply

      tentative réussi, j’ai voyagé c sur. mais où??? c était pas Bizerte.
      a quand le prochain poême?

  • sami ben gharbia 7:31 am on December 16, 2002 Permalink | Reply
    Tags: , , Poèmes   

    La prison de l'amour 

    Ô pure beauté, sacrée reine du désir!

    Ô mon amour, mon geôlier, mon élixir !

    Libère les sujets du royaume assiégé,

    Est-il roi celui qui marche esseulé?

    • * *

    Dis à l’éclat éblouissant de ta blancheur,

    À la magie de ta marche sur mon doux cœur,

    Aux ivres tresses basculant ma destinée,

    De secouer l’émoi de ma vue pétrifiée.

    • * *

    Dis à ta bouche source de vin et liqueur,

    À tous les miels qui épicent ta sueur,

    Et aux délices de tes lèvres révoltées,

    De renverser mon écuelle d’avidité.

    • * *

    Dis aux voyelles qui trahissent ta pudeur,

    Aux verbes ardents que conjugue ta candeur,

    À la chanson de tes soupirs, énoncée,

    De chuchoter dans mes oreilles surdité.

    • * *

    Dis à la taille souple et soyeuse de ta chair,

    Puis au satin qui enveloppe ta chaleur,

    Et au coton de tes postures enflammées,

    De rendre les ailes à mes mains, dérobées.

    • * *

    Dis au parfum hypnotisant de ta fraîcheur,

    Au musc secret de ton coup long et charmeur,

    Puis au zéphyr de ton passage embaumé,

    De bien quitter les pauvres filtres de mon nez.

     
    • nathaliebado 3:31 pm on May 17, 2006 Permalink | Reply

      c’est fort et tendre a la fois

      particulierement original

      triste et froid

      particulierement couvert de douleur

      c’est calme et reflechie

      particulierement beau

      c’est la passion et un cris

      particulierement elle attend un coup de fil

      pour lui dir tous sa

      c’est sur elle vous aime

    • biju 2:02 pm on October 28, 2006 Permalink | Reply

      Nathalie raconte des conneries , un conseil de “vieux” routard , ne t’attache pas à la beauté du mot et du geste(ça c’est beau pour le foot) en poésie c’est la dimension méthapysique qui compte , rendre l’invisible profane ,dénoncer aussi l’autre dimension de la saleté , la crade , la laideur .Casimodo aussi avait une face belle et cachée , un coeur qui bat , un oeil qui luit , un sexe qui parjure.Je te dis cela parcequ’au fond je déteste le corporatisme poétique et la facilité, le collage des mots, j’ai bien lu tes poémes et ils ne m’ont même pas énervé , ils sont ridicules par rapport à la profondeur de tes textes , ce genre de poésie studieuse , euphorique avec ses ralents de soufisme et de babacoolisme c’est bien vrai peut remplir l’espace , mais ce n’est pas le rôle de la poésie de “grifonner”les mots , de les caresser dans le sens du poil , elle , elle les viole , les violente , les fait droper à mort, les fout sur le trottoir et les fait bosser , pire que ROKFELLER avec ses ouvriers esclaves.Ce genre de poésie n’a aucune adresse , c’est comme si la bonté , la beauté , l’Homme étaient éternels , comme si on pouvait mettre le vent en symphonie , le bonheur en équation et la mort sur une portée.La poésie est dans la façon de ne pas renoncer à ses propres projections , et si c’est possible de chipper celles des autres.http://bijujunior.blogspot.com/

    • koikoi 3:40 pm on February 14, 2009 Permalink | Reply

      je découvre ce blog et à première vue , j’apprécie !!

    • Sami Ben Gharbia 3:14 pm on February 15, 2009 Permalink | Reply

      bienvenue koikoi sur mon blog

      • yousra 5:12 pm on October 8, 2010 Permalink | Reply

        ah oui! je l’ai savouré ce poeme
        mmmmmmmmmmmmmm

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